A-H1N1: cacophonie autour du nombre de décès

Selon Mustapha El Khalfi, le bilan des décès des suites du A-H1N1 est de deux victimes. Le nouveau-né décédé dans l’hôpital Cheikh khalifa n’est étrangement pas compris dans cette liste. Plus tard dans la journée, le ministre de la Santé déclare un bilan de 5 décès à un média confrère.

Le virus A-H1N1 vient d’emporter une deuxième victime au Maroc. C’est Mustapha El Khalfi, porte-parole du Gouvernement, qui vient d’en faire l’annonce à l’issue du Conseil de gouvernement du 31 janvier, en milieu de journée.

El Khalfi, qui cite le ministre de la Santé Anas Doukkali comme source, a précisé que le virus a causé deux décès jusqu’à présent. Le premier est celui de la femme enceinte décédée à l’Hôpital Cheikh Khalifa, jeudi 26 janvier. Le second est celui d’une femme âgée de 68 ans, souffrant de maladies chroniques qui ont provoqué des complications. Toutefois, les doutes ont été soulevés par les journalistes présents à ce point de presse autour de ce chiffre. Et pour cause, le nouveau-né, extrait par césarienne de la première victime, a rendu l’âme au même établissement. Son père, Saïd Adni, a confirmé à La Vie éco le décès de son enfant dans la soirée du 29 janvier, et que son enterrement a eu lieu le 30 janvier, faisant donc logiquement monter le nombre de victimes à trois et non deux.

Une information que plusieurs journalistes présents au point de presse de M. El Khalfi ont voulu confirmer auprès du porte parole du gouvernement. Mais le ministre a été catégorique: les cas de décès dus au A-H1N1 se limitent à deux : celui de la femme enceinte et de la femme âgée. Il l’a même répété à trois reprises.

Si le décès du nouveau-né n’a pas été comptabilisé, c’est que le père a été informé par l’Hôpital que son fils est mort d’autres complications et non du virus, nous indique-il en maintenant sa conviction que c’est l’infection au virus qui a emporté son enfant.

La Vie éco a essayé de s’enquérir auprès du directeur de l’Hôpital Cheikh Khalifa, Pr Mhamed Harif, des causes du décès du nouveau-né. Ce dernier nous a prié de contacter l’attaché de presse du ministre de la Santé. Aucun des appels téléphoniques émis à ce dernier n’a reçu de réponse, ce qui pose des questions autour de la réactivité communicationnelle de ce département vital à l’heure où l’inquiétude gagne du terrain auprès de l’opinion publique.

Les questions adressées à El Khalfi portaient également sur la multiplicité des cas et des admissions de personnes contaminées, mais le ministre a relayé un autre message du ministère de la santé : la situation épidémiologique au Maroc est « similaire à celle observée au niveau international ». Voulu réconfortant, le message pourtant fait peur. Selon une dépêche AFP datant du 30 janvier, 422 cas graves de grippe ont été admis en réanimation depuis novembre en France (A-H1N1 et A-H3N2) causant  33 décès.

Il y a quelques minutes, nos confrères de Médias 24 ont annoncé un chiffre citant le ministre de la santé comme source : le nombre de décès se monte à 5. Ces cas concerneraient, selon la même source, « des personnes vulnérables ayant contracté le virus avant de décéder des complications qui s’en sont suivies », en précisant que les personnes âgées, les femmes enceintes, les enfants en bas âge ainsi que les fumeurs, asthmatiques et personnes ayant une fragilité respiratoire sont considérées comme les plus vulnérables.