Xe Congrès mondial de psychiatrie sociale à  Marrakech en 2010

Une discipline très peu développée au Maroc Pourtant, 49% des Marocains de plus de 15 ans ont présenté au moins un trouble psychique mineur dans leur vie.

Dans les hôpitaux, les personnes atteintes de maladie mentale sont celles qui souffrent le plus. Dans leurs familles, elles souffrent encore plus, car pour celles-ci, c’est la honte. On enferme le malade et on tente de l’oublier.

Cette situation, décrite par le Pr Driss Moussaoui, chef du service de psychiatrie au CHU Ibn Rochd de Casablanca, fait que cette marginalisation sociétale du malade mental au Maroc engendre chez lui davantage de détresse et de souffrance psychologique.

La psychiatrie sociale, discipline très peu développée sous nos cieux, peut jouer un rôle dans la guérison, indique le Pr Moussaoui, qui a pu décrocher l’organisation au Maroc, en octobre 2010, du Xe Congrès mondial de psychiatrie sociale, une rencontre tenue tous les trois ans, depuis la création de l’Association mondiale de la psychiatrie sociale, en 1964. C’est grâce à la ténacité et au sérieux du Pr Moussaoui que la ville ocre a arraché cet honneur à Barcelone, qui était également candidate. 2000 conférenciers scientifiques provenant de 75 pays, ainsi que 12 000 participants sont attendus pour cette grand-messe de la psychiatrie sociale.

Sur le plan de la prise en charge psychiatrique de la maladie mentale au Maroc, le Pr Moussaoui déplore le fait que seul 1% du budget de la santé est consacré aux maladies mentales. Quant aux capacités d’accueil au sein des structures psychiatriques publiques, avec à peine 2000 lits, elles sont selon lui loin de répondre aux besoins nationaux.

Et il s’étonne qu’au Maroc il n’y ait pas dans le secteur libéral de cliniques dédiées à cette spécialité. L’urgence de s’intéresser davantage à la maladie mentale dans notre pays découle des résultats de la première enquête, réalisée dernièrement par le service de santé mentale du ministère de la santé, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui indique que 49% des Marocains âgés de plus de 15 ans ont présenté au moins un trouble psychique mineur mais récurrent dans leur vie .