Urgences obstétricales et néonatales dans deux principales régions du Maroc : des insuffisances à  gérer

Le taux de régulation moyen des références des urgences obstétricales et pédiatriques est très bas, soit 16%.
Une commission établira les priorités au niveau régional en matière de prise en charge des urgences obstétricales et périnatales.

Une récente étude marocaine, non encore publiée, a été menée auprès des maternités des 13 établissements hospitaliers des régions de Rabat, Salé, Zemmour-Zaër et Gharb (RSZZ), Cherrarda, Béni Hssen (RCBH), avec le concours du service de coordination et de régulation des urgences. A partir des indicateurs de la prestation de soins et du bilan d’activités des années 2007 et 2008, les principales causes des dysfonctionnements ont été relevées. Ainsi, l’étude a révélé des inégalités d’offre et d’activité entre les régions sanitaires et entre les niveaux de prise en charge. Un plateau technique extrêmement limité dans les hôpitaux locaux et les centres hospitaliers régionaux en termes de blocs opératoires, de laboratoires d’analyses médicales, de services de réanimation et d’unités de néonatalogie, une incapacité des professionnels de santé à résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés, une capacité d’hospitalisation insuffisante dans certains Centres hospitaliers régionaux (CHR), une insuffisance de la permanence des soins en gynéco-obstétrique et en réanimation, une forte dépendance des hôpitaux périphériques de la maternité Souissi du Centre hospitalier Ibn Sina (CHIS) de Rabat, en tant que maternité de référence. Par ailleurs, les transferts des patientes se font dans de mauvaises conditions en raison du manque d’ambulances médicalisées et des équipes de transport formées. L’étude révèle que le volume des références régionales des urgences obstétricales et pédiatriques (UOP) est de 3 008. La maternité Souissi est la maternité de référence des transferts des urgences gynécologiques et obstétricales des CHP et de certains hôpitaux locaux. Selon les données transmises, la maternité Souissi a déclaré avoir reçu 2 983 patientes en urgence à partir des structures de soins régionales. Et l’étude ressort que, depuis l’instauration du système de régulation des références, basé sur une coordination par la régulation téléphonique, des transferts et des prises en charge adéquats ont pu être réalisés. Néanmoins, ce système a montré ses limites dans la discipline des urgences obstétricales par une insuffisance d’adhésion des services des maternités au dispositif de coordination et par l’absence de permanence des soins, notamment le soir, les week-ends et les jours fériés. En effet, le taux de régulation moyen des références des UOP entre les établissements hospitaliers appartenant au réseau régional des urgences est très bas, soit 16%. Ce chiffre a néanmoins évolué depuis 2007 puisqu’il a doublé. Les deux régions de RSZZ et du RCBH sont égales par rapport au taux de régulation des références, respectivement de 29% et 28%. Les meilleures performances de régulation en 2008 ont été constatées au niveau du CHR de Kénitra et du CHP de Salé avec des taux de régulation respectifs de 60% et 95%. Pour leur part, les CHP de Sidi Kacem et de Khémisset ont connu une évolution importante depuis une année avec des taux respectifs de 17% et 21%. Les principales pathologies qui motivent des transferts vers la maternité du CHU sont les hémorragies du 3e trimestre et de la délivrance, le post-opératoire, les pré-éclampsies, les éclampsies, la menace d’accouchement prématuré et les cardiopathies associées à une grossesse. Au décours de ce travail, une commission régionale établira les priorités au niveau régional en matière de prise en charge des urgences obstétricales et périnatales. Néanmoins, l’étude montre ses limites devant l’absence d’un système d’information permettant d’évaluer le niveau de gravité de prise en charge par une structure de soins.