Une sexualité déficiente peut cacher des maladies plus graves

L’impuissance sexuelle peut être secondaire à un problème vasculaire, un diabète, une prise médicamenteuse ou un problème d’ordre psychologique Le médecin ne doit pas se focaliser sur ce symptôme et pousser plus loin ses investigations.

Devant une impuissance sexuelle masculine, le médecin ne doit pas commettre d’erreur dans la conduite du diagnostic et de la thérapeutique en se focalisant sur le défaut d’érection. Il doit notamment pousser les investigations plus loin, à la recherche d’autres maladies qui pourraient être à l’origine de cette sexualité déficiente. D’autant plus qu’une prise en charge correcte de ces maladies permettra au patient de récupérer la fonction érectile sans recourir obligatoirement à la pilule bleu. Ce médicament miracle, ne l’oublions pas pour autant, a eu le mérite de lever le voile sur le tabou de l’impuissance sexuelle dans nos sociétés traditionnelles.

Tout d’abord, explique le Dr Aziz Smires, andrologue à Casablanca, on parle de sexualité déficiente – qu’il faut impérativement distinguer de la panne d’érection ponctuelle – lorsque les troubles de l’érection sont répétitifs chez un homme de plus de 40 ans, en bonne santé apparente. Une perte répétitive de l’érection doit d’abord orienter vers le système vasculaire et plus particulièrement l’atteinte des artères caverneuses. C’est par ces dernières en effet que le sang arrive dans l’appareil génital, permettant la rigidification de la verge. Il faut alors craindre des lésions sur d’autres artères de l’organisme, notamment les coronaires, d’où le risque éminent d’angine de poitrine voire d’infarctus du myocarde. Ainsi, les troubles sexuels répétitifs peuvent constituer un signal d’alarme visant à alerter sur l’état du système vasculaire.

Autre pathologie à soupçonner : le diabète. Si l’érection est produite par le sang en provenance des artères, elle l’est aussi par la stimulation des nerfs génitaux environnants. Le diabète, quand il s’installe, diminue la sensibilité de ces nerfs, responsables du mécanisme de l’érection et de l’éjaculation.
L’excès de cholestérol, qui favorise la formation de plaques d’athéromes dans les artères caverneuses, empêche quant à lui une libre circulation du sang. Une sexualité déficiente peut être aussi liée à la prise de certains médicaments. Des produits pris au long cours, tels les antidépresseurs, anticholestérol, antihypertenseurs sont parfois gênants pour les rapports sexuels. Tous les médecins s’accordent à reconnaître que plusieurs de ces médicaments freinent le processus de l’érection sans le supprimer complètement.

Le Dr Abderrazak Moussaid, sexologue à Casablanca, recommande, à côté des causes organiques de l’impuissance sexuelle, de rechercher du côté des problèmes d’ordre psychologique. Le plus fréquent est l’angoisse de performance. L’homme a peur de «ne pas y arriver», il est inhibé. Il se voit agir au lieu de simplement ressentir. Or, pour qu’une érection puisse survenir, le cerveau doit avoir préalablement transmis un influx nerveux jusqu’à l’appareil génital. Quand il y a blocage au niveau cérébral, la transmission de l’influx nerveux ne se fait pas. Selon des études internationales, 50% des plus de 50 ans ressentiraient ce type d’angoisse.
Pour les deux spécialistes cités, devant un trouble répétitif de l’érection, et, de façon générale, devant tout problème sexuel masculin, l’interrogatoire des patients par le médecin revêt un caractère capital. Les informations recueillies peuvent permettre d’identifier un problème pathologique, qui risque de se compliquer s’il n’est pas pris à temps.