Une complication grave, la sténose de l’Å“sophage

La sténose de l’œsophage est une grave complication des reflux acide de l’estomac chez le nourrisson. La prise en charge est très lourde pour des résultats décevants. Si le diagnostic est précoce, on a recours à des conseils hygiéno-diététiques et des médicaments. 
Le reflux gastro œsophagien (RGO) est une affection fréquente. Elle concerne environ 1 nourrisson sur 300, avec une conséquence très grave, la sténose de l’œsophage. Souvent, les manifestations digestives en bas âge sont à type de régurgitations et de  vomissements fréquents. Parfois, cela se traduit par une stagnation ou une perte de poids. Cependant, les signes peuvent être extra-digestifs, notamment respiratoires à type de toux chronique, d’asthme, pouvant aller jusqu’à une difficulté respiratoire voire à l’apnée. Dans certaines situations, le RGO peut se manifester sous forme d’otite. Le risque majeur d’un RGO banalisé et non pris en charge découle de l’agression de l’œsophage par ce liquide gastrique acide, on parle alors d’œsophagite peptique. L’enfant a du mal à s’alimenter et présente des pleurs fréquents. Cependant, la manifestation la plus grave est dominée par des vomissements sanglants. Non traitée, cette œsophagite peut aboutir à la sténose de l’œsophage, indique le Pr Nezha Mouâane, présidente de la Société marocaine de gastro-entérologie et nutrition pédiatrique, qui consacre son VIIIe congrès national à cette thématique, qui aura lieu à Rabat les 29 et 30 mai. Elle précise, par ailleurs, que la prise en charge du RGO est simple au départ, basée essentiellement sur des conseils hygiéno-diététiques associés éventuellement à des médicaments. Cependant, les formes compliquées sont plus difficiles à prendre en charge avec des taux d’échec plus élevés. Pour ce pédiatre, qui constate qu’à l’unité de fibroscopie de l’hôpital des enfants, on diagnostique annuellement 20 cas de sténose de l’œsophage. Et elle rajoute qu’il est capital de sensibiliser les parents au risque inhérent aux régurgitations et aux  vomissements et à l’importance du diagnostic en bas âge du RGO. Elle insiste sur le fait de ne pas banaliser ces symptômes, car rien ne permet au départ de repérer le RGO simple qui va régresser avec l’âge pour disparaître à 1 an voire 18 mois et le RGO pathologique qui peut se compliquer. Donc, vigilance de la part des patients et des médecins lors de l’analyse de ces deux symptômes qui peuvent paraître banals. Il est à signaler que la diarrhée chez l’enfant et la prévention par le vaccin à Rotavirus ainsi que l’importance de la flore intestinale dans l’alimentation de l’enfant constituent les autres principales thématiques de cette rencontre de gastro-entérologie pédiatrique.