Un tournant décisif dans le management de l’assurance maladie obligatoire

Sur 41 référentiels de prise en charge des maladies commandés, 13 sont finalisés dont 5 validés par l’Agence nationale de l’assurance maladie. Publication de guides et recadrage des commandes en médicaments du ministère de la santé et des CHU.

La convention de partenariat signée en 2007 entre le ministère de la santé, l’Agence nationale de l’assurance maladie (Anam), la Société marocaine des sciences médicales (Smsm) et l’ordre national des médecins (Onm), relative à l’élaboration des référentiels de prise en charge des maladies, mercredi 17 mars, constitue un tournant décisif dans le déroulement et le devenir  de l’Assurance maladie obligatoire au Maroc (Amo), par la  validation des 5 premiers référentiels de prise en charge des maladies au Maroc. Ainsi, sur 41 référentiels commandés et rétribués aux spécialistes marocains par le biais de leurs sociétés savantes, 13  sont terminés dont 5 ont été validés par l’Anam et présentés de façon officielle le 17 mars. Il s’agit des référentiels de prise en charge de l’HTA, qui constitue à elle seule 70% des affections de longue durée, du diabète de type 1, des syndromes néphrotiques, du syndrome de Behcet et des glomérulopathies. Les référentiels qui sont  en cours de finalisation sont ceux du diabète de type 2, du cancer bronchique, des cancers du sein, des pathologies prostatiques (adénome et cancer), des maladies psychiatriques et des maladies thyroïdiennes. Il faut rappeler que l’article 32 du décret n° 2-05-733 pris pour l’application de la loi 65/00 de l’Amo, stipule que les clauses tarifaires de la convention nationale sont établies par référence à la nomenclature générale des actes professionnels, à la nomenclature des actes de biologie médicale et à la nomenclature des actes paramédicaux en vigueur et des références médicales opposables établies sur la base des protocoles thérapeutiques. «C’est sur cette base juridique que ce travail scientifique titanesque, piloté par le ministère de la santé, a été lancé et qui vient de donner ses premiers fruits», indique Chakib Tazi, directeur général de l’Anam. Le Dr Omar Menzhi,  directeur de l’épidémiologie au ministère de la santé,  souligne de son côté que «les référentiels de prise en charge des maladies chroniques seront intégrés dans les protocoles thérapeutiques des programmes nationaux de santé publique». Quant au Pr Nacer Chraibi, fondateur de la Société marocaine d’étude de l’hypertension artérielle, qui a coordonné le comité chargé des référentiels et de prise en charge de l’HTA, il considère qu’«il faut penser maintenant aux procédures de mise en pratique sur le terrain de ces référentiels avec pour objectif  l’appropriation des ces référentiels par les médecins prescripteurs». Par ailleurs, il a attiré l’attention sur le fait que ces référentiels sont adaptés à chaque pays et  qu’il faut les étayer par des données épidémiologiques. Il faut préciser que les référentiels de prise en charge des maladies sont les recommandations de bonnes pratiques médicales (Rbpm), retenues comme référence dans la prise en charge des maladies dans le cadre de l’Amo et ce, en vue d’harmoniser la pratique médicale et d’améliorer la qualité des soins offerts aux malades. La réussite de l’implantation de cet outil de régulation de la consommation des médicaments au Maroc, mentionné dans les textes de loi régissant l’Anam, piloté par le ministère de la santé, exige son appropriation par les médecins prescripteurs et cela impose de mettre une véritable stratégie de communication pour promouvoir les référentiels de prise en charge des maladies au Maroc, dont la mise à jour devrait se faire tous les 4 ans. Par ailleurs, le ministère de la santé et les 4 principaux CHU du Royaume doivent donner l’exemple en recadrant leurs commandes en médicaments, en se basant sur  les référentiels de prise en charge des maladies.