Un réseau marocain de cosméto-vigilance voit le jour

Objectifs : entre autres, notifier les effets secondaires des produits cosmétiques et les déclarer au Centre marocain de pharmacovigilance Certains cosmétiques risquent en effet de provoquer des irritations, voire des eczémas.

Après quinze ans d’existence, on constate que le Centre marocain de pharmacovigilance (CMPV), relevant du ministère de la santé, maîtrise assez bien les effets secondaires des médicaments, et ce grâce aux médecins traitants, qui font de plus en plus de déclarations, sur un téléphone mis à leur disposition 24h/24, pour les orienter sur la conduite à tenir devant tel ou tel effet secondaire d’un médicament.

Cependant, ce que l’on connaît moins, ce sont les effets secondaires des produits cosmétiques, qui connaissent une large utilisation par les femmes, les hommes et les enfants, et sans aucun contrôle médical, d’où la création d’un réseau national de cosméto-vigilance (RNCV). L’expertise des Dr Nadia Ismaïli et Yassine Afifi, en dermato-cosmétologie, branche spécialisée de la dermatologie pour tout ce qui touche aux traitements cosmétiques à visée esthétique ou de confort, sera donc mise à profit. Tous les produits sont concernés, les hydratants, les écrans solaires, les anti-âges, les crèmes anti-rougeur et lotions apaisantes, les produits de maquillage et tous les produits nettoyants, sous forme liquide ou en pain.

A côté des produits cosmétiques, il y a aussi les produits de comblement des rides, tel l’acide hyaluronique, la toxine botulique, la mésothérapie, et tous les complexes vitaminiques, qui doivent être manipulés par des mains expertes.

Car tous ces produits, qui ont révolutionné la prise en charge du vieillissement cutané, au point de supplanter la chirurgie esthétique, peuvent avoir des effets secondaires néfastes. Le but du réseau de cosméto-vigilance créé est de permettre de notifier tous les effets secondaires, de les déclarer au CMPV, ce qui rendra possible la constitution d’une véritable base de données. C’est également une manière de rationaliser la prescription de ces produits et de lutter contre certaines pratiques, dispensées notamment par des esthéticiennes non averties. Car, il faut le savoir, certains produits cosmétiques risquent de provoquer des irritations très inconfortables, voire des eczémas de contact.

Dans un autre registre, la toxine botulique peut donner des céphalées, des leptoses (descente) des sourcils, des paupières, voire leur asymétrie. Les produits de comblement peuvent être à l’origine d’un granulome, qui est une réaction inflammatoire chronique de la peau, parfois définitive, exigeant une lourde prise en charge chirurgicale.

Si l’initiative de la création de ce réseau de cosméto-vigilance revient à des praticiens dermatologues, le Dr Ismaili exhorte les instances de santé publique et privée, les universitaires, les médecins plasticiens, les chirurgiens maxillo-faciaux, les ORL et également les industriels de la beauté à s’impliquer dans ce réseau. Et, en cette période estivale, elle rappelle que plusieurs produits cosmétiques sont photosensibilisants, qu’il ne faut surtout pas s’exposer au soleil après les avoir appliqués, car il y a risque d’érythème voire de brûlure.