Un réseau de médecine d’urgence pour Rabat et ses principales régions

Un réseau de médecine d’urgence et de catastrophe, le « SAMU», semet en place dans les régions de Rabat-Salé-Zemmour- Zaër et du Gharb-Chrarda-Béni Hssen. Et cela en coordination avec les délégations provinciales et préfectorales du ministère de la santé et le Centre de régulation médicale des urgences du Centre hospitalier Ibn Sina (CHIS) de Rabat.Ainsi, une cinquantaine de médecins de Rabat, Salé,Témara,Tifelt, Sidi Kacem, Romani,Kénitra et Khémisset ont suivi les travaux du 2e séminaire d’urgentologie, organisé à Rabat le 24 mai. Et pourmontrer l’ampleur de la pathologie d’urgence chez l’adulte et l’enfant, des chiffres ont été communiqués, qui peuvent être des indicateurs pour une politique des urgences.

Ainsi, selon le Pr SaadKabbaj, les traumatismes crâniens chez l’adulte touchent 200 à 300 habitants sur 100 000 chaque année. 5 à 10%sont graves dont lamortalité avoisine 30%.

Le Pr A.Mdaghri Alaoui, du Centre national de référence en néonatologie, donne quant à lui les chiffres suivants : si les naissances prématurées représentent dans les pays occidentaux 2 à 7%, enAfrique centrale 13 à 15%, auMaroc 8%des naissances à la maternité Souissi de Rabat concernent des prématurés. Sur le plan national, la mortalité néonatale est un problème majeur de santé publique avec 27 /1 000 naissances, soit 57% de la mortalité infanto-juvénile.

Pour le Pr S.Aidi, neurologue à l’hôpital des spécialités de Rabat, les accidents vasculaires cérébraux ischémiques (AVC), par arrêt brutal de la vascularisation d’une partie du cerveau, constituent la 3e cause de décès après les affections cardiaques et les cancers. Elle est la première cause de handicap moteur et la 2e cause de handicap intellectuel.L’AVCest le 2emotif de consultation aux urgences neurologiques avec 1300 patients par année, soit 3 à 4 patients par jour.

La crise d’agitation est une urgence psychiatrique fréquente (10%). Ce n’est qu’un symptôme, avec une hyperactivité, une logorrhée, des cris, des rires, des larmes ou des propos agressifs, qui peut cacher des pathologies psychiatriques plus graves, telles une psychose ou une démence.

Le traumatisme artériel, explique pour sa part le Pr Y. Sefiani, chirurgien vasculaire et médecin chef de l’hôpital Ibn Sina (HIS), prédomine au niveau du membre inférieur dans 60% des cas et les axes les plus atteints sont les axes superficiels, touchant les vaisseaux fémoraux, huméraux et poplités. Le but de toute prise en charge thérapeutique est d’assurer le pronostic vital et de conserver le fonctionnement du membre, par un rétablissement rapide de la revascularisation.

Pour le Pr F. Ettayebi, de l’hôpital des enfants, les urgences chirurgicales abdominales néonatales, qui peuvent survenir de la naissance à trois (3)mois, sont les plus fréquentes des urgences chirurgicales néonatales. Ce sont des pathologiesmalformatives particulièrement de l’appareil digestif, de diagnostic facile. Mais cela nécessite une prise en charge médicochirurgicale adéquate et dont le pronostic dépend de la précocité de sa mise en oeuvre et surtout des conditions de transport, particulièrement de la disponibilité d’ambulancemédicalisée avec du matériel de réanimation spécifique à l’enfant