Un programme psycho-éducatif pour les familles

340 000 cas de schizophrénie au Maroc. En dehors du milieu hospitalier, la famille reste la seule prise en charge possible.

Devant le bouleversement familial face à la schizophrénie d’un proche, l’Association marocaine Amali vient d’adopter le programme canadien «Profamille», destiné aux familles qui ont un proche souffrant de schizophrénie, dont le nombre estimé au Maroc avoisine les 340 000 malades.
Ce programme repose sur la combinaison de deux principes, l’information sur la maladie et la prise en charge et surtout sur un apprentissage de techniques par les familles pour mieux faire face à cette maladie, basé sur la gestion du stress, le renforcement des habiletés de communication et l’entraînement à la résolution de problèmes.

A ce jour, les programmes psycho-éducatifs sont la seule prise en charge des familles, qui a démontré un effet réel et net sur l’évolution des malades. Le programme fait appel à l’éducation sur la maladie, au développement des habiletés relationnelles et des ressources pour pouvoir tenir sur la durée et faire face à des aléas et surtout pour préparer l’avenir. La principale étape est celle dite d’approfondissement, qui est destinée à renforcer les apprentissages et favoriser la mise en application des savoir-faire. Selon sa présidente, Naima Trachen, l’Association Amali accueille des familles désespérées et ravagées par la culpabilité et l’impuissance devant la souffrance psychique d’un proche, des mères, des pères, des frères, des sœurs et même des enfants qui ont un parent malade.

Non seulement les activités normales de la famille sont perturbées, mais tous les membres de la même famille doivent s’adapter au caractère imprévisible du malade, aux effets secondaires de la médication, à la frustration et à l’inquiétude concernant l’avenir d’un être aimé. En temps de crise, la décision de l’admission involontaire du malade à l’hôpital est un des dilemmes le plus difficile qu’affronte la famille.

Le changement du comportement d’un proche malade est difficile à comprendre et à gérer par sa famille, surtout au moment des crises aiguës où il est complètement détaché de la réalité, refuse son traitement et ne prend plus soin de lui et de son environnement. C’est à ces différentes situations que l’Association Amali essaye d’apporter une aide.