Un diagnostic précoce des cardiopathies congénitales chez l’enfant est primordial

21 enfants ont été opérés de malformations cardiaques congénitales par des équipes marocaines, entre juillet 2007 et juin 2008 Une méthode médicale adaptée au contexte marocain pour un diagnostic précoce de ces pathologies.

Les cardiopathies congénitales sont très fréquentes au Maroc. Avec une incidence qui varie entre 6 et 8 pour 1000 naissances vivantes, elles constitue la deuxième cause de mortalité infantile après les causes infectieuses.

Selon l’expérience de l’unité de cardiologie pédiatrique de l’hôpital des enfants de Rabat, dirigée par le Pr Abdelali Bentahlia, un diagnostic précoce des cardiopathies congénitales permet de réduire cette mortalité grâce à un traitement et à une surveillance appropriés, car tout retard de diagnostic engage le pronostic vital à la période néonatale.

Néanmoins, avertit le Dr Bentahlia, reconnaître précocement une cardiopathie congénitale est souvent difficile. Le diagnostic prénatal à l’échographie obstétricale (in utero) ne dépasse pas 50% des cas dans les pays développés, et, au Maroc, ce diagnostic obstétrical n’est pas encore de pratique courante.

Cela justifie une stratégie particulière en vue d’un diagnostic à la naissance. Au CHU Ibn Sina, l’équipe de cardiologie pédiatrique a adopté un dépistage néonatal basé sur l’échographie-Doppler, devant des signes cliniques d’appel. Parfois de façon systématique chez les nouveau-nés de mère diabétique, devant tout syndrome malformatif ou devant un cas de trisomie 21. Ainsi, de 2005 à 2007, 357 nouveau-nés âgés de 0 à 30 jours ont été explorés à l’aide de cette technique.

Les signes cliniques qui ont motivé le recours à cet examen sont une cyanose avec ou sans détresse respiratoire, un souffle cardiaque anormal à l’auscultation, une insuffisance cardiaque, ou à l’occasion d’une cardiomégalie. Au terme de cette étude, le Pr Bentahlia et son équipe ont conclu que cette méthode de dépistage précoce des cardiopathies congénitales est bien adaptée au contexte marocain. Elle devrait être néanmoins améliorée par un examen biologique complémentaire, la mesure du taux d’oxygène dans le sang capillaire.

Pour Laila Zniber, pédiatre dans le secteur libéral, spécialisée dans les maladies cardiaques de l’enfant, l’urgence cardiologique néonatale laisse très peu de chance car, passé les dix premiers jours pour certaines, ou le premier semestre pour d’autres, la réparation anatomique chirurgicale est compromise.

L’expérience marocaine en chirurgie des urgences cardiaques néonatales, menée par le Dr Younes Chekhaoui, chirurgien cardiaque pédiatrique et le Dr Younes Chajai, anesthésiste réanimateur pédiatre, de juillet 2007 à juin 2008, a permis d’opérer 21 nouveau-nés à l’hôpital Cheikh Zaïd de Rabat. L’âge de ces derniers variait entre 5 jours et 1 mois et ils souffraient de différentes malformations congénitales du cœur.

Lors du XIIIe Congrès national de néonatalogie, qui se tiendra à la faculté de médecine de Rabat du 24 au 26 octobre, une étude sera portée à la connaissance des participants, montrant les spécificités de cette chirurgie, les difficultés inhérentes à sa pratique et les possibilités thérapeutiques proposées au Maroc.