Un dépistage auditif ciblé s’impose

Indifférence générale aux sons, rareté du rire et tendance marquée à  l’imitation lors du jeu peuvent être des signes d’une atteinte auditive chez l’enfant.

Selon une étude réalisée par le service ORL et de chirurgie cervico-faciale à l’hôpital 20 Août  du CHU Ibn Rochd de Casablanca, la surdité chez l’enfant au Maroc est souvent diagnostiquée à un âge tardif. Et, en l’absence d’une prise en charge correcte et précoce, cet handicap va retentir sur tous les développements de l’enfant : acquisition du langage, développement psychoaffectif et social.
Il faut rappeler que la surdité constitue le handicap sensoriel le plus fréquent chez l’enfant. Plusieurs études internationales situent sa prévalence entre 0,5 et 3 pour 1000. Et étant donné que le dépistage systématique de tous les nouveaux-nés par des méthodes objectives en milieu spécialisé est très difficile, l’étude marocaine préconise le dépistage auditif sélectif, afin d’épargner aux enfants, les conséquences lourdes de cette déficience.
Ce programme aura deux principaux objectifs, sans implication financière énorme. En premier lieu, assurer un dépistage systématique de tous les enfants et si possible dès la naissance, bien qu’il soit difficile, dans tous les milieux de consultations pédiatriques non spécialisés.
En second lieu, seuls les enfants suspectés  déficients auditifs seront soumis à des examens spécifiques. Cependant, la réussite de ce programme impose plusieurs préalables. D’abord la formation du personnel de santé, susceptible d’assurer la détection des déficits auditifs à leur début.  
Ensuite, l’information du public, des parents, des éducateurs et enseignants, par des campagnes de sensibilisation, la distribution de brochures et l’installation d’affiches éducatives dans les hôpitaux, les cliniques pédiatriques, les centres de santé ainsi que dans les écoles maternelles et primaires. Les spécialistes attirent l’attention sur l’importance à accorder à certains faits qui permettront le diagnostic précoce d’un déficit auditif.   Les antécédents personnels néonatals et post-natals, par exemple, sont de véritables facteurs de risques d’atteinte auditive. Mais, ce qui doit le plus attirer l’attention, ce sont certains signes, comme une indifférence générale aux sons et une absence de réponse aux mots, un caractère monotone de la voix, une vocalisation peu distincte, la rareté du rire, les hurlements et cris perçants pour exprimer aussi bien le plaisir que la contrariété. Ce qui implique une attention et une vigilance visuelle accrues avec tendance marquée à l’imitation lors du jeu.
Et enfin, un trouble auditif chez l’enfant peut se traduire par une irritabilité provoquée par la difficulté de se faire comprendre.