Tube digestif : l’écho-endoscopie pratiquée au CHU Ibn Sina de Rabat

La nouvelle technique remplace la chirurgie pour une visualisation des organes digestifs, l’extraction des calculs des voies biliaires, l’ablation de tumeurs malignes…Autre technique utilisée au Maroc : l’entéroscopie à  double ballon.

Ces dernières années, des progrès considérables ont été réalisés dans l’exploration du tube digestif et des organes voisins, grâce à l’écho-endoscopie, qui résulte de l’association d’une sonde à ultrasons et d’un endoscope, tube introduit par la bouche.

Cette technique non invasive, selon le Pr Abdellah Essaid, chef du service de gastro-entérologie à l’hôpital Ibn Sina de Rabat où cette technique est utilisée, oblige les praticiens à remettre en question la place et la hiérarchie des différents examens dans toute stratégie diagnostique ou thérapeutique de nombreuses affections du tube digestif, des voies biliaires et du pancréas.

Cela est lié à la parfaite résolution des sondes qui sont acheminées par un endoscope, qui offre la possibilité d’un positionnement tout près de l’organe à explorer, évitant ainsi les obstacles classiques à l’échographie traditionnelle comme les gaz et l’obésité, qui, souvent, faussent les résultats.

L’écho-endoscopie, qui explore les quatre couches de la paroi digestive, est le meilleur moyen pour un bilan d’extension locorégional d’une tumeur du tube digestif. Elle est aussi très performante dans la pathologie biliaire, pancréatique et anorectale. L’écho-endoscopie thérapeutique va de la simple biopsie à la ponction, voire au drainage d’un kyste pancréatique.

Autre nouveauté de la gastroentérologie marocaine : la radiofréquence, méthode physique de destruction tumorale. Il s’agit de l’application d’un courant électrique alternatif délivré aux tissus par un générateur, via des électrodes introduites par voie percutanée.

En traversant les tissus, le courant de radiofréquence provoque un échauffement tissulaire aboutissant à la mort cellulaire, notamment dans les cancers primitifs du foie ou dans les métastases hépatiques dont la taille est de 3 à 5 cm. L’entéroscopie à double ballon est une technique très récente dans l’exploration de l’intestin grêle. Elle permet non seulement de voir la lésion, mais de faire un prélèvement pour une étude histologique, mais surtout de réaliser des gestes thérapeutiques impossibles auparavant, comme enlever un polype du grêle ou faire l’hémostase sur une lésion qui saigne, sans recourir à la chirurgie classique.

L’endoscopie diagnostique a connu un développement considérable, notamment avec l’avènement de nouvelles générations de vidéo, disposant de zoom et de coloration virtuelle, explique le Pr. Essaid. L’endoscopie thérapeutique permet d’éviter des actes chirurgicaux, coûteux et très invasifs, chez des malades très fragiles. Le médecin peut procéder à la résection de cancers superficiels ainsi qu’à l’hémostase d’un ulcère gastrique qui saigne. Chez les malades cirrhotiques, on peut réaliser une ligature des varices œsophagiennes.

Cette technique permet d’extraire une lithiase de la voie biliaire sans recourir à la chirurgie. L’échographie permet au praticien de faire un certain nombre de gestes à visée thérapeutique, de manière non invasive, réduisant ainsi le coût, le séjour hospitalier et la morbidité. Parmi ces gestes, le Pr. Essaid cite la biopsie échoguidée, le drainage d’un abcès du foie pour soulager les patients de douleurs intenses.