Troubles psychosomatiques et dysfonctions sexuelles au Maroc

Les pannes sexuelles, les problèmes d’éjaculation, l’inhibition du désir sont les principaux dysfonctionnements sexuels chez l’homme

Le vaginisme et la frigidité sont les troubles les plus fréquents chez la femme.

Le Dr A. Moussaid, sexologue, président de l’Association marocaine de sexologie.
Les dysfonctions sexuelles chez l’homme sont dominées par la panne sexuelle dans 54% des cas, selon une étude réalisée au CHU de Casablanca. Elle est suivie par les problèmes d’éjaculation, qu’elle soit précoce ou retardée, puis par les inhibitions du désir et les aversions sexuelles (ou l’absence de désir envers le sexe opposé), indique le Dr Abderrazak Moussaid, médecin sexologue à Casablanca, président de l’Association marocaine de sexologie et membre fondateur de la Société francophone des médecines sexuelles. Chez la femme, la pathologie sexuelle est dominée par le vaginisme ou l’impossibilité de pénétration, la frigidité et les anorgasmies ou absence d’orgasme.

Quelle est la part du psychisme et de l’organique dans ces troubles ? C’est ce à quoi tente de répondre la sexologie depuis plusieurs années.
Le Dr Moussaid rappelle que le trouble psychosomatique est un symptôme organique dont la dimension psychologique est prépondérante dans la survenue et l’évolution. Le patient est focalisé sur les symptômes de son corps et ne peut s’en éloigner qu’avec difficulté.

Les organes génitaux, lieux de somatisation par excellence
Selon le Dr Moussaid, le processus de somatisation prend toute son importance quand il touche les organes génitaux, dont la prise en charge relève de la thérapie cognitivo-comportementale. Cette dernière cherche à agir sur les comportements dans la relation sexuelle, dans le but de combattre l’angoisse de l’échec toujours présente dans les dysfonctions sexuelles. Cette thérapie obéit à une logique scientifique, passant par une phase d’attaque, une phase de consolidation et une phase de sevrage. La première vise certaines pratiques sexuelles notamment anxiogènes, pour combattre l’angoisse de l’échec. La deuxième phase consiste à regagner la confiance en soi pour mieux amorcer le sevrage. Le non-respect de cette chronologie est une cause fréquente d’échec thérapeutique, particulièrement en médecine générale.

Le prochain congrès de sexologie traitera également, en collaboration avec l’Observatoire international du couple, des traumatismes du couple. Plusieurs facettes seront débattues, depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte, avec toutes les conséquences sur la personnalité du sujet victime d’abus sexuel ainsi que les répercussions sur la vie de couple…

Des sommités seront au rendez-vous : le Dr P. Brenot, psychiatre, anthropologue et auteur de L’éducation sexuelle et de Eloge de la masturbation; le Dr. B. Cyrulnick, psychiatre et auteur de Parler d’amour au bord du gouffre ; S. Naamane Guessous, sociologue marocaine ; le Pr P. Costa, urologue, président de l’Association inter hospitalo-universitaire de sexologie; le Dr. R. Porto, président de la Fédération européenne de sexologie ; le Pr. M. Issad, cardiologue et président de la Société algérienne de sexologie ; le Pr. D. Moussaoui, psychiatre au CHU de Casablanca, et d’autres.