Trois millions de femmes concernées par la ménopause au Maroc

Au Maroc, il y aurait actuellement 2 millions de femmes ménopausées, mais l’espérance de vie de la femme marocaine est passée de 49,1 ans en 1967 à 70,7 ans en 1997. Ce nombre serait de 3 millions en l’an 2010. Plusieurs enquêtes nationales au Maroc situent l’âge médian de la ménopause vers 51,9 ans, indique le Pr. Mahjoub Ghazli, président de l’Association marocaine d’étude de la ménopause, qui organise le IXe congrès national sur la ménopause, à Casablanca, les 20 et 21 avril.

La ménopause étant l’arrêt définitif des menstruations résultant de la perte de l’activité folliculaire ovarienne, sa date précise ne peut être déterminée qu’a posteriori.
Selon deux enquêtes nationales, menées par le Pr. Ghazli, les principaux troubles fonctionnels constatés à la ménopause sont dominés par les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, la fatigue, les maux de tête et de la nervosité. Viennent ensuite la prise de poids, les insomnies, les douleurs ostéo-articulaires, les troubles sexuels et les modifications cutanées.

Traitement hormonal substitutif (THS) pour améliorer la qualité de vie des femmes ménopausées
Ces perturbations fonctionnelles et physiques de la ménopause peuvent avoir de sérieux retentissements sur le bien-être de la femme, faisant de la ménopause actuellement un problème de santé publique. En plus, elle prend parfois des proportions socioculturelles. Il est donc indispensable de prendre en charge l’ensemble de ces femmes arrivant à une période difficile de leur vie. Le traitement hormonal substitutif apparaît donc comme une solution envisageable.

Le traitement hormonal substitutif (THS) est proposé pour soulager les troubles fonctionnels, améliorer la qualité de vie et prévenir l’ostéoporose et les fractures ostéoporotiques. De plus, parmi les effets du THS en cours d’évaluation, certaines études mettent en avant la réduction de l’incidence des cancers colorectaux.

Entre autres problèmes auxquels peut être confronté un praticien marocain dans la prise en charge de la ménopause, selon une étude menée par l’Association marocaine d’étude de la ménopause, on trouve la réticence à évoquer cette maladie dans 26% des cas, des obstacles à l’observance du traitement en rapport avec son coût, l’analphabétisme ou la cancérophobie (liée à certaines complications des THS, lors d’une mauvaise indication). Enfin, le besoin d’information sur la ménopause est exprimé par les praticiens dans 69% des cas.

Pour le Pr Ghazli, il est impératif, dans le cadre de l’Assurance maladie obligatoire (Amo), de travailler pour le remboursement de tous les THS, ainsi que pour la prise en charge des examens complémentaires pour la surveillance des femmes ménopausées. Parmi les acquis, précise-t-il, l’intégration de la prise en charge de la ménopause dans les activités des centres de référence et de planification familiale. Dorénavant, la ménopause figure dans le carnet de santé de la femme.