Traitement de la stérilité : pas de prise en charge par l’assurance privée

14 centres spécialisés dans la stérilité des couples au Maroc.
Pour les assurances privées, la stérilité n’est
pas une maladie.
La CNOPS et la CNSS accordent un forfait de 5000 DH.

Il y a au Maroc 14 centres de prise en charge de l’infertilité des couples : 2 à Agadir, 6 à Casablanca, 2 à Marrakech et 4 à Rabat. Cela n’empêche pas le Dr Mohammed Zahi, gynécologue et spécialiste de la stérilité du couple, à Rabat, considéré comme le père du premier bébé-éprouvette au Maroc (la première grossesse obtenue par assistance médicale), de regretter le fait que la stérilité n’est pas reconnue par les assurances privées au Maroc comme une maladie et qu’elle n’est donc pas prise en charge. Par ailleurs, il déplore le fait que la Cnops ou la CNSS n’accordent qu’un forfait de 5000 DH pour toute forme de stérilité, alors que le coût réel est parfois trois à quatre fois supérieur.

C’est justement la procréation médicalement assistée (PMA) qui sera le thème central du 24e congrès national de la Société marocaine de fertilité et de contraception et de la Fédération maghrébine de la reproduction humaine (qui coïncide avec le 15e congrès maghrébin dans les deux disciplines), prévu les 8, 9 et 10 décembre 2006 à Casablanca. L’évaluation des différentes techniques de PMA dans le traitement de la stérilité est le thème qui sera développé par un spécialiste mondial de la procréation assistée, le Dr Alain Van Steirteghem, de Bruxelles.

Pour le Dr Mohammed Yakoubi, gynécologue obstétricien à Casablanca, président de la Société marocaine de fertilité et de contraception et de la Fédération maghrébine de la reproduction humaine, il y a trois techniques mondialement reconnues dans la prise en charge de la stérilité, ou assistance médicale à la procréation (AMP) : les thérapeutiques médicamenteuses, la fécondation in-vitro (FIV) et l’intra cytoplasmic sperm injection(ICSI).

La FIV est un traitement de la stérilité qui consiste à réaliser au laboratoire la fécondation. Les spermatozoïdes sont simplement mis dans une éprouvette en contact avec l’ovocyte qu’ils doivent pénétrer pour le féconder. On replace ensuite l’embryon dans l’utérus pour que la grossesse suive son évolution normale.

La deuxième méthode, véritablement révolutionnaire, est l’ICSI : un seul spermatozoïde est injecté à l’intérieur d’une cellule reproductrice de la femme, l’ovocyte, pour la féconder.

Qui dit laboratoire, dit participation d’un biologiste. Justement, ce 24e congrès évaluera la place du biologiste de la reproduction au sein de l’équipe multidisciplinaire de prise en charge de l’infertilité.
Pour le Dr Saif El Islam Slimani, le biologiste dans un centre de PMA est le pivot de la prise en charge du couple hypofertile par une équipe médicale multidisciplinaire. Dans un premier temps, il contribue, avec le médecin clinicien, à poser le diagnostic, généralement après l’échec de la conception après un an sans utilisation de moyens de contraception. Et, c’est au laboratoire qu’on pratique le spermogramme (étude du sperme du mari), le bilan hormonal du couple, et les examens prescrits par le gynécologue ou par l’urologue. C’est en fonction des résultats biologiques et radiologiques que le couple est orienté par l’équipe médicale vers une des techniques de PMA.

La problématique des grossesses multiples après la PMA, le conseil génétique en médecine de la reproduction, le diagnostic génétique préimplantatoire, ainsi que la contraception d’urgence et les contraceptions particulières sont les autres grands sujets qui seront débattus par les spécialistes marocains, maghrébins et européens lors de cette session scientifique sur la contraception et la fertilité.