Toxicité de la menthe marocaine, sujet de recherche

La consommation de la menthe peut déclencher l’acidité gastrique.
Des chercheurs marocains procèdent à  un échantillonnage par stratification sur les 16 régions du Maroc.

Les professeurs  Ali  Bouklouze et Yahya Cherrah, de l’Unité de formation et de recherche (UFR) de pharmacologie et toxicologie de la Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, n’ont pas bénéficié de la subvention de recherche dans son édition 2008. Pourtant leur sujet de recherche, «Dosage des ions nitrates dans la menthe marocaine et étude de sa consommation dans le thé sur l’apparition du reflux gastro-oesophagien», est d’une grande importance, sachant que la menthe marocaine regorge des ions nitrates. Pour ces deux chercheurs marocains, le fait de consommer du thé préparé avec une menthe contenant une teneur en nitrates supérieure à la norme conduit à une augmentation du pyrosis. Les chercheurs sont partis d’un constat simple pour lancer ce travail. Un grand nombre de consommateurs de cette infusion se plaignent du pyrosis quand ils ont bu le thé à la menthe. L’objectif de  cette étude est de répondre à la question suivante : ce pyrosis est-il dû à la teneur en nitrates, sachant que ces derniers se transforment en nitrites qui sont toxiques, puis en acide nitreux ? A travers cette étude, indiquent ses initiateurs,  l’objectif est de contrôler la teneur en nitrates de la menthe consommée au Maroc. Car il faut rappeler que les nitrates consommés, que ce soit dans l’eau ou dans les aliments ou dans d’autres plantes, constituent un danger pour la santé des consommateurs,  sachant que si le contrôle des légumineuses et de l’eau potable est réglementé,  ce n’est pas le cas de la menthe et de ses homologues.  Toutefois, financement ou pas,  les deux chercheurs  sont déterminés à poursuivre ce travail selon deux étapes bien distinctes. D’abord faire un échantillonnage par stratification sur les 16 régions du Maroc, ensuite, procéder à la détermination de la teneur en nitrates dans les échantillons recueillis grâce à deux  techniques différentes, électrochimique et spectophotométrique. Quant aux estimations budgétaires et de timing de ce projet, les promoteurs indiquent que la première étape de contrôle nécessitera au moins une année, et coûtera environ 25 000 DH. La deuxième étape qui est l’étude corrélationnelle, elle, durera plus longtemps et coûtera beaucoup plus cher.  Parallèlement au sujet de la menthe, un deuxième projet, présenté par l’UFR de médecine d’urgence et de catastrophe, portant sur la problématique des facteurs prédictifs de mortalité chez les accidentés de la route, n’a pas non plus bénéficié de subvention.  Il s’agit d’un travail scientifique qui voudrait répondre à trois questions cruciales : quel est le profil épidémiologique des accidents de la voie publique ? Quels sont les facteurs pronostics chez les victimes ? Et, enfin, quelle est la mortalité hospitalière ?