Techniques d’exploration et de traitement des pathologies gynécologiques, quoi de neuf ?

La colposcopie et la cœlioscopie, deux techniques non agressives pour l’exploration et le traitement chirurgical de pathologies gynécologiques.
Le vaccin contre le cancer du col de l’utérus n’est efficace que chez les jeunes filles vierges âgées de 14 à 16 ans.

La colposcopie est l’examen du col utérin à fort grossissement par un appareil optique. L’examen est indolore, se fait en box de consultation et à distance de 30 cm de la patiente en position gynécologique d’examen.

Elle offre la possibilité de réaliser des frottis et des prélèvements sur un col utérin anormal ou douteux, plus particulièrement lors d’un test viral positif, prédisposant à une atteinte cancéreuse, indique le Dr Ahmed Moussaoui, à l’occasion de la tenue à Rabat, du 19 au 22 mai, du VIe cours national de colposcopie.

Cette technique permet également la surveillance des cols utérins traités pour des lésions précancéreuses qui ont subi des traitements conservateurs. Dans le secteur médical libéral, elle coûte 400 DH, et elle est mal cotée et non remboursée à son juste coût par l’assurance maladie obligatoire (Amo), déplore le Dr Moussaoui.

Et il ajoute que la colposcopie est un acte spécialisé, qui peut générer, quand elle est faite à mauvais escient, des dépenses et des angoisses inutiles et médicalement injustifiées. Cependant, dans un objectif de santé publique, les médecins généralistes, les paramédicaux et les sages-femmes peuvent la pratiquer, afin d’orienter les patientes vers des consultations spécialisées en temps opportun.

Autre thème de cette rencontre, la cœlioscopie, technique permettant au gynécologue la visualisation du pelvis, du ventre et de tout l’appareil génital féminin grâce à un système optique faisant appel à une micro-caméra, sans recourir à l’ouverture chirurgicale de l’abdomen.

Elle montre ce qu’aucun autre examen échographique ou radiologique ne décèle, confirme le Dr Moussaoui, président du Xe congrès de la Société marocaine d’endoscopie gynécologique, qui coïncide avec le Xe congrès du Collège international de gynécologie ambulatoire, qui se dérouleront à Rabat les 23 et 24 mai.

La cœlioscopie permet par ailleurs de véritables interventions chirurgicales à ventre fermé. Aujourd’hui, c’est la technique adoptée par les gynécologues chirurgiens, formés et équipés du matériel adapté, dans les opérations sur les trompes, les ovaires et sur l’utérus.

Sur un autre registre, précise ce spécialiste, la cœlioscopie permet aussi des actes de chirurgie plastique pour réparer un prolapsus utérin. Mais il faut préciser que la cœlioscopie a des limites, liées à certaines affections cardiaques et respiratoires, ainsi qu’à des abdomens opérés à plusieurs reprises.

Cette rencontre de formation continue traite aussi des tests HPV, qui recherchent les anticorps spécifiques dirigés contre le papillomavirus humain, responsable du cancer du col de l’utérus. L’actualité sur la vaccination anti-HPV sera également au centre des débats.

C’est une véritable révolution dans la prévention du cancer du col utérin qui constitue le deuxième cancer de la femme marocaine. Notant par ailleurs que les 2 vaccins actuellement commercialisés au Maroc sont ceux dirigés contre les deux virus les plus pourvoyeurs de cancers du col utérin de par le monde, indique le Dr Moussaoui.

Cependant, prévient-il, ces vaccins ne sont efficaces que s’ils sont administrés à des jeunes filles vierges, âgées de 14 à 16 ans. Et comme ils ne protégent que dans 70% des cas, le dépistage du cancer du col de l’utérus doit rester la règle, même chez les femmes vaccinées .