Sclérose en plaques : 25 000 dh de traitement mensuel

Elle frappe essentiellement les jeunes entre 20 et 40 ans.
Affection neurologique chronique très handicapante au stade avancé de la maladie.

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune, inflammatoire et chronique du système nerveux central, qui toucherait, selon les estimations de l’OMS, 20 personnes sur 100 000 habitants au Maroc, relève le Pr El Hachmia Aït Ben Haddou, spécialiste en neurologie à l’hôpital universitaire des spécialités de Rabat, à la veille de la Journée internationale de la SEP, célébrée par la communauté internationale le 6 mai de chaque année. Cette maladie qui résulte de la destruction de la myéline dans la substance blanche de l’encéphale et de la moelle épinière, provoque des troubles de la motricité, de la vision, de la sensibilité ainsi que des troubles de l’équilibre.

Cette pathologie neurologie, méconnue au Maroc, frappe essentiellement les jeunes, entre 20 et 40 ans, avec une nette prédominance féminine, relève le Pr Aït Ben Haddou. Et d’ajouter que cette maladie, qui n’a pas de marqueur diagnostic spécifique, a bénéficié des progrès techniques réalisés au niveau de l’imagerie par résonnance magnétique.  Sur le plan thérapeutique, le Pr Aït Ben Haddou indique que la communauté médicale dispose uniquement des corticoïdes et des immunoglobulines pour contrecarrer les poussées aiguës.

Alors que pour le traitement de fond, qui permet de réduire la fréquence des poussées et de ralentir la progression de l’handicap, on trouve les interférons, les anticorps monoclonaux et les immunosuppresseurs, qui restent très coûteux. Pour Rachida Tennouri, présidente de l’Association marocaine des malades atteints de sclérose en plaques, le coût du traitement de fond de la maladie varie de 12 000 à 25 000 DH par mois. Elle relève par ailleurs que si le taux de remboursement est assuré à hauteur de 100% par la CNOPS, certaines assurances privées ne couvrent qu’à hauteur de 70%.

A l’occasion de cette journée mondiale, Rachida Tennouri appelle à la suppression d’une aberration : l’imposition d’une taxe à ce type de médicament à hauteur de 24%.