Santé : Accès aux soins pour tous les Marocains, un engagement

La pandémie a abouti à une prise de conscience collective quant à l’impératif d’investir dans ce secteur et de le doter de tous les moyens matériels et de toutes les ressources humaines nécessaires pour répondre aux besoins de la population.

La loi-cadre n°06-22 relative au système national de santé constituera une opportunité historique pour bâtir un système de santé plus robuste, plus équitable, plus sûr, plus efficient économiquement, plus viable en termes d’investissement et surtout à visage humain. Les propos sont ceux du ministre de la santé et de la protection sociale Khalid Ait Taleb. Le ministre s’exprimait, samedi 23 juillet à Casablanca, lors d’une rencontre organisée par l’Association nationale des cliniques privées (ANCP). Le ministre pesait bien ses mots. Cette loi constituera enfin le cadre idoine pour revaloriser l’abnégation, le courage et les efforts déployés par l’ensemble des professionnels, partout sur le territoire national. Le Maroc, a-t-il souligné, «est en train d’ériger, sous la conduite clairvoyante de SM Mohammed VI, le système de protection sociale et le système de santé du futur».

Notre pays s’ouvre, en effet, désormais sur une ère nouvelle marquée par la nécessité, sinon par l’urgence, d’œuvrer, ensemble, main dans la main, en faveur d’une société plus citoyenne, plus juste, plus égalitaire et plus soutenable. Notons à ce propos qu’au lendemain de l’adoption en conseil des ministre, mercredi 13 juillet, du projet de loi-cadre, le ministre a entamé une série de rencontres de concertation, d’abord avec les centrales syndicales les plus représentatives, ensuite avec les autres syndicats sectoriels, puis avec les acteurs concernés. L’objectif étant de nouer un large consensus autour de ce texte avant son dépôt au Parlement afin de lui assurer des meilleures conditions d’examen, éventuellement d’enrichissement et enfin d’adoption. La finalité, comme l’a d’ailleurs précisé le ministre, en s’adressant à ses interlocuteurs, est que, «chacun de nous, par ses actions, par ses efforts, par ses initiatives, a la charge, plus que jamais, de capitaliser sur les engagements du passé, de faire grandir cette chaîne de valeur responsable et durable, et de léguer, solidairement, pas à pas, un monde sûr et pacifique à nos générations futures».

Le Souverain a toujours fait de la promotion du secteur de la santé son cheval de bataille, l’inscrivant parmi les grands chantiers essentiels du pays et l’érigeant en l’un des piliers majeurs pour la consolidation de la citoyenneté dans la dignité et pour la réalisation du développement humain global et intégré. L’enjeu est de procurer aux populations un bien-être physique et moral satisfaisant, ainsi que de leur garantir des conditions sanitaires qui leur permettent de contribuer, pleinement et de manière efficiente, aux activités productives et au développement de leur société.


Or, améliorer le système national de la santé et surmonter les divers dysfonctionnements qui entravent son efficience nécessitent une véritable réforme qui porte essentiellement sur le développement des infrastructures de base, l’accès équitable des citoyens aux services sanitaires de qualité, ainsi que la nécessité de remédier à la pénurie des ressources humaines dans ce secteur.


Malgré tous les efforts déployés et les stratégies mises sur pied depuis des années pour la mise à niveau du secteur de la santé et l’amélioration de son rendement, la crise sanitaire induite par la pandémie a abouti à une prise de conscience collective quant à l’impératif d’investir dans ce secteur et de le doter de tous les moyens matériels et de toutes les ressources humaines nécessaires pour répondre aux besoins de la population, surtout durant les états d’urgence sanitaires.

Cette crise sanitaire a aussi mis en avant le besoin pressant d’opter pour des approches innovantes et plus efficaces pour accélérer la mise en place d’un système sanitaire solide. Dans ce sens, le Royaume s’est engagé dans le projet sociétal de protection sociale qui repose sur une réforme globale et profonde du système de santé, afin qu’il puisse accompagner le gigantesque chantier royal qui permettra à 11 millions de citoyens, parmi les travailleurs non salariés et leurs ayants droit, de bénéficier de l’assurance maladie. Le projet de généralisation de la protection sociale est considéré comme une véritable révolution susceptible de réaliser un saut qualitatif au niveau du système national de santé, pour être capable de répondre aux aspirations de tous les citoyens et leur garantir un accès égal à un service public de santé décent.


Afin de mettre en œuvre cette réforme dans les meilleurs délais, il a été procédé, en application des instructions royales pour la révision du système de santé afin qu’il soit à la hauteur du chantier de la généralisation de la protection sociale, à l’élaboration d’un projet de loi-cadre relatif à ce chantier de réforme.

Cette réforme globale exige la mobilisation de toutes les énergies autour d’une vision inclusive et intégrée, dont le but ultime est de fournir l’assistance sanitaire nécessaire aux citoyens, en particulier ceux se trouvant dans les zones reculées et difficiles d’accès, afin de réduire les disparités spatiales et sociales et de rapprocher les services de santé spécialisés et de qualité des citoyennes et citoyens.


 Cet important chantier bénéficie de la dynamique et des acquis réalisés dans le secteur de la santé sous le leadership de SM le Roi, notamment dans le contexte de la lutte contre la Covid-19, où la gestion efficace de la crise sanitaire par le Royaume a été un modèle à suivre dans le monde, au vu des mesures prises par les autorités publiques pour lutter contre la propagation du virus et atténuer son impact sur les plans économique et social. Par ailleurs, le Royaume a œuvré à faire de cette crise sanitaire une opportunité pour renforcer son système de santé en veillant à augmenter le nombre de lits dans les services de réanimation, à assurer une formation de qualité au personnel des hôpitaux et à doter le système de santé de tous les équipements nécessaires pour lui assurer un fonctionnement optimal.

Toutes les conditions sont donc réunies pour l’émergence d’un système de santé solide s’appuyant sur des institutions stratégiques capables de relever les défis actuels et futurs avec beaucoup d’efficacité et de résilience.

 

 

Focus : Projet de réforme, les grandes lignes

Ce projet de réforme structurante est fondé sur quatre piliers fondamentaux.

Premier pilier : adoption d’une bonne gouvernance visant le renforcement des mécanismes de régulation de l’action des acteurs et la consolidation de la gouvernance hospitalière et la planification territoriale de l’offre sanitaire sur tous les niveaux :

•Stratégique : à travers la création d’une Haute Autorité de la santé, d’une Agence des médicaments et des produits de santé et d’une Agence du sang et produits dérivés du sang.

•Central: à travers la révision des missions, fonctions et de l’organisation de l’administration centrale.

•Territorial: à travers la création de groupements sanitaires territoriaux, qui seront chargés principalement de l’élaboration et de l’exécution du programme national et régional et du renforcement des mécanismes de coopération et de partenariat entre les secteurs public et privé.

Deuxième pilier: valorisation des ressources humaines, notamment à travers l’élaboration de la loi sur la fonction publique sanitaire, en vue de motiver le capital humain dans le secteur public, réduire le manque actuel en ressources humaines, réformer le système de formation, outre l’ouverture sur les compétences médicales étrangères et l’encouragement des cadres médicaux marocains résidant à l’étranger à retourner exercer dans leur pays.

Troisième pilier: mise à niveau de l’offre sanitaire en vue de répondre aux attentes des Marocains en matière de facilitation de l’accès aux services médicaux, l’amélioration de leur qualité et la répartition équitable des services hospitaliers à travers le territoire national, via la réhabilitation des structures sanitaires primaires, la mise à niveau des hôpitaux, l’instauration de l’obligation de respect du parcours de soins, en plus de la création d’un système d’homologation des établissements de santé.

Le quatrième pilier porte sur la digitalisation du système de santé, à travers la mise en place d’un système informatique intégré pour le regroupement, le traitement et l’exploitation des principales informations ayant trait au système de santé.

Zoom : La santé pour tous

L’aspiration de SM le Roi à une justice sociale que le Souverain ne cesse d’incarner en joignant le geste à la parole, a trouvé sa traduction claire et sans équivoque dans le projet de généralisation de la protection sociale, lancé par Sa Majesté le 14 avril 2021.

Ce chantier royal, qui bénéficiera dans un premier temps aux agriculteurs, artisans et professionnels de l’artisanat, aux commerçants, professionnels et prestataires indépendants soumis au régime de contribution professionnelle unique (CPU), au régime de l’auto-entrepreneur ou au régime de la comptabilité, devra s’étendre, dans un second temps, à d’autres catégories dans la perspective de la généralisation effective de la protection sociale à tous les citoyens.
Véritable révolution sociale, ce projet aura des effets directs et tangibles sur l’amélioration des conditions de vie des citoyens, la préservation de la dignité de tous les Marocains, outre sa participation à l’intégration du secteur informel. Plus d’un an après son lancement, l’assurance maladie est accessible à 11 millions de travailleurs non salariés et leurs ayants droit, avait assuré, en juin dernier, le Chef du gouvernement qui répondait à une question sur «le chantier de mise à niveau du système national de santé», lors de la séance plénière mensuelle consacrée à la politique publique du gouvernement à la Chambre des représentants, précisant qu’il s’agit de 1,6 million d’agriculteurs, d’un demi-million d’artisans et de 800 000 commerçants et artisans assujettis au régime de contribution professionnelle unique, chargés de comptabilité ou auto-entrepreneurs, outre 140 mille chauffeurs de taxi et 230 mille chauffeurs professionnels.
L’assurance maladie concerne également les médecins, les pharmaciens, les ingénieurs, les vétérinaires, les topographes, les sages-femmes, les métiers rééducation, les dentistes, les nutritionnistes, les notaires, les guides touristiques, les adouls, les artistes et d’autres groupes, a-t-il poursuivi.
Empreinte des valeurs d’humanité, l’action du Souverain s’est ainsi matérialisée dans de nombreuses initiatives qui tendent à réaliser le troisième Objectif parmi ceux du Développement Durable, à savoir permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous, à tout âge, à l’horizon 2030, tel que le Maroc, à l’instar des autres membres de la communauté internationale, en a pris l’engagement.

Focus : Souveraineté sanitaire

SM le Roi n’a, en effet, eu de cesse de multiplier les initiatives en vue de démocratiser l’accès aux soins de santé, dans le cadre d’une politique de proximité, d’améliorer la santé des personnes à besoins spécifiques, âgées, ou souffrant de maladies chroniques, et d’assurer la souveraineté sanitaire du Royaume.

Ces initiatives et actions se sont confortées par le lancement, le 27 janvier dernier à Benslimane, des travaux de réalisation d’une usine de fabrication de vaccins anti-Covid et autres vaccins, un projet structurant qui, à terme, contribuera à assurer la souveraineté vaccinale du Royaume et du Continent africain dans son ensemble. Cette unité industrielle s’inscrit dans le cadre de la vision royale destinée à positionner le Royaume en tant que hub biotechnologique incontournable en Afrique et dans le monde, capable d’assurer les besoins sanitaires du Continent à court et à long termes, en y intégrant la recherche pharmaceutique, le développement clinique, la fabrication et la commercialisation de produits biopharmaceutiques de grande nécessité.

Baptisée «SENSYO Pharmatech», l’unité industrielle de Benslimane, la plus grande plateforme par capacité de Fill & Finish de vaccins en Afrique, assurera la fabrication et la mise en seringue de vaccins (anti-Covid et autres vaccins).

Dans le même contexte, la politique du médicament du Royaume a fait l’objet d’une attention particulière dans le cadre du programme de réformes structurelles du système de santé visant à renforcer sa gouvernance, à travers la création de l’Agence nationale du médicament et des produits de santé, qui coordonnera le processus de développement de la politique pharmaceutique nationale et contribuera à sa mise en œuvre, en plus d’accompagner les mutations et de relever des défis liés à ce domaine.


L’importance de cet important chantier réside dans le fait que la garantie de l’indépendance et de la souveraineté en matière de médicaments constitue une consécration de la sécurité sanitaire du Royaume et l’un des préalables en vue d’assurer l’accès équitable aux médicaments et aux soins, ce qui permettra aux citoyens de disposer de médicaments de base à des prix adéquats, et ce à travers l’appui à la production nationale de médicaments et à la fabrication des génériques.

Vu que l’élément humain représente l’épine dorsale de la réussite de tout projet de réforme et le principal pilier pour atteindre les objectifs fixés, le déficit en ressources humaines dans le secteur de la santé nécessite des mesures urgentes pour les faire augmenter, ce qui a poussé le gouvernement à mettre en place un plan ambitieux pour accroître le nombre d’étudiants en métiers de médecine.