Quelles relations entre les médecins et l’industrie pharmaceutique ?

Assurer une certaine « autodiscipline » au sein du monde médical et du monde industriel.

L’exercice pratique de la médecine pour les généralistes, aussi bien au Maroc qu’ailleurs, est de plus en plus difficile. Cela se traduit par une perte relative de statut, un manque de temps chronique, un relatif isolement, une information médicale multi-sources et non hiérarchisée et surtout une formation inadaptée aux nouvelles contraintes et exigences. Par ailleurs, les médecins sont soumis à des pressions toujours plus fortes et contradictoires qui renforcent leurs besoins de formation et d’information pour remplir leur rôle. Ceci est d’autant plus renforcé du fait  de l’évolution de l’environnement du principe de précaution vers celui de maîtrise, de l’exigence croissante des patients qui sont aujourd’hui des consommateurs informés et surtout du fait qu’il y a aujourd’hui une interdépendance entre la maîtrise médicalisée des dépenses et les tarifs de soins. Dans ce contexte l’industrie pharmaceutique est un acteur fondamental pour l’amélioration et l’actualisation des connaissances des médecins. Une récente étude, à l’initiative de l’association française «Les entreprises du médicament», propose les facteurs clés de succès de l’optimisation de la relation entre les médecins et l’industrie pharmaceutique. Tout d’abord, respecter une parfaite distinction entre information, formation et promotion. Assurer une certaine «autodiscipline» au sein du monde médical et du monde industriel. Distinguer les actions qui doivent être envisagées individuellement ou collectivement par l’un ou l’autre secteur, veiller au respect de l’indépendance des experts et des médecins qui collaborent avec l’industrie pharmaceutique et surtout impliquer l’ensemble des institutionnels en tant que pilier central dans la formation médicale continue. Et afin d’aider les médecins à valoriser leurs services aux patients, plusieurs thèmes de réflexion sont proposés par l’étude, notamment le développement du savoir-faire des praticiens pour optimiser leur efficience au-delà de la pratique médicale et de la prescription. L’autre pierre angulaire sur laquelle doit s’approfondir la réflexion, le repositionnement de la santé en tant que secteur économique au-delà du positionnement social.