Projet d’une banque de cellules au CHU Ibn Sina

La banque de tissus et de cellules permet de disposer de greffons de cornée, d’os, de moelle osseuse, de vaisseaux sanguins, de valves cardiaques, de peau et de cellules souches hématopoïétiques pour traiter différentes maladies dont certaines formes de cancers.

«A l’aube de ce nouveau millénaire, la possibilité de réparer un corps humain à l’aide de tissus ou de cellules ayant un effet thérapeutique ouvre des perspectives fascinantes. Ainsi, il est possible de restaurer la fonction d’organes ou de tissus défaillants dans le cas de pathologies diverses dont l’issue hier encore était mortelle ou invalidante», indique Malika Essakalli,  professeur d’immunologie à la Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat et chef du service de transfusion sanguine et d’hémovigilance du CHU Ibn Sina. C’est la thérapie cellulaire qui consiste à remplacer une partie ou tout un tissu défaillant par le même tissu prélevé chez le patient lui-même ou chez un donneur. L’exemple le plus proche de nous, actualité oblige, est le remplacement d’une cornée malade par une cornée saine prélevée chez des donneurs en mort cérébrale à une vingtaine de patients marocains. Cependant, la greffe de tissus et de cellules est un acte médical proche de l’acte transfusionnel qui nécessite le prélèvement du tissu ou des cellules à partir de donneurs vivants ou en mort encéphalique au sein d’une banque dédiée à cet effet, selon cette spécialiste en immunologie. De même que l’acheminement, le traitement, la conservation des tissus et des cellules relèvent également des responsabilités de ladite banque. C’est à partir de toutes ces données scientifiques qu’un projet de création d’une banque de tissus et de cellules au CHU Ibn Sina de Rabat est à l’étude, précise le Pr Essakalli. Cette banque permettra de rendre des soins d’une haute facture dans différentes pathologies. La greffe de cornée en cas de séquelles de traumatismes de l’oeil, de dystrophies cornéennes, de pathologies tumorales ou infectieuses et de maladies congénitales. La greffe d’os et de cartilage en cas de perte de substance osseuse d’origine tumorale, traumatique ou infectieuse, de préparation d’un manchon pour prothèses articulaires ou de remplacement de surfaces articulaires détruites. La greffe de peau en cas de brûlures graves et étendues ou de plaies importantes difficiles à cicatriser. On a recourt à la greffe de valves cardiaques  lors de maladies cardiaques congénitales ou pour le remplacement des valves aortiques dans le cadre de cardiopathies acquises. Enfin, cette médecine régénérative permet également la greffe de vaisseaux sanguins dans les reconstitutions vasculaires périphériques. Certaines pathologies peuvent être traitées par la greffe de cellules, notamment la leucémie de l’enfant et de l’adulte, la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Parkinson, le diabète, la dégénérescence rétinienne, l’ostéonecrose ou l’infarctus du myocarde, indique le Pr Essakalli. Elle précise, par ailleurs, que différentes étapes indispensables se succèdent et se complètent pour aboutir à un tissu ou à des cellules conditionnées, conservées et livrées dans des conditions de qualité et de sécurité maximale pour une éventuelle greffe. C’est ce qui constituera le travail principal de la future banque de tissus et de cellules, qui nécessitera un budget global de 5 millions de DH, réparti sur 5 ans, dont 600 000 à 700 000 DH réservés à la seule salle blanche, qui constitue la pierre angulaire de toute banque de tissus, selon le Pr Essakali.