Pour un observatoire de la sécurité des médecins au Maroc

«Au Maroc, les agressions contre les médecins dans leur lieu de travail sont de plus en plus fréquentes avec parfois des accidents mortels. Et il est temps d’anticiper sur ce fléau, avant qu’il ne s’aggrave encore plus et penser à la création d’un observatoire de la sécurité des médecins», alerte le Pr Farid Hakkou, professeur à la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca et directeur de la revue de formation médicale continue Repère médical. Si le Pr  Hakkou déplore l’absence de statistiques sur ce sujet au Maroc, il rapporte qu’en 2008 l’Observatoire français pour la sécurité des médecins a répertorié 535 incidents, dont 48% relatifs à des agressions verbales, 25% à des vols ou tentatives de vol, 11% à des agressions physiques, 11% à du vandalisme et 3% à des menaces ou des lettres anonymes. Les principales causes de ces incidents sont, un temps d’attente jugé excessif  par le patient dans 9% des cas, un refus de prescription (8%), un reproche relatif à un traitement (6%), un refus de certificat médical ou d’arrêt de travail (3%), un refus de payer la consultation (3%), une incompatibilité d’humeur (3%), un patient venu sans rendez-vous (2%) et une pathologie mentale (2%). Et ces chiffres restent en deçà de la réalité, car beaucoup de médecins ne font jamais état des agressions dont ils ont été victimes.