Pour le dépistage du lymphome et l’amélioration de sa prise en charge

Face au gonflement persistant d’un ganglion, le généraliste doit penser à  un lymphome Ce cancer du sang est guérissable s’il est découvert tôt n Le coût du traitement varie entre 60 000 et 80 000 DH 2 000 nouveaux cas par an au Maroc.

«Le lymphome est un cancer du sang guérissable», c’est le slogan de la journée mondiale du lymphome, célébrée tous les 15 septembre à travers le monde. Lors de la rencontre d’information, organisée à Casablanca jeudi 11 septembre, le Pr Asma Quessar, présidente de la Société marocaine d’hématologie et coordinatrice du Groupe marocain d’étude des lymphomes (GMEL), déplore le fait que la majorité des malades consultent à des stades tardifs.

Elle précise qu’un lymphome diagnostiqué de façon précoce guérit totalement. D’où l’importance, précise-t-elle, d’informer le public et de former le médecin généraliste marocain à reconnaître les premiers symptômes et orienter en urgence les malades vers les centres spécialisés, qui n’existent actuellement qu’à Rabat et Casa. Le Pr Quessar espère que les registres du cancer, que l’on met actuellement en place, permettront de donner des chiffres exacts sur l’ampleur de ce cancer dans notre pays. Selon les estimations des cancérologues, il y a 1 500 à 2 000 nouveaux cas par an.

Pour le professeur, le lymphome peut toucher n’importe qui, à n’importe quel âge, et peut prendre différentes formes. Parmi les signes qui indiquent souvent la présence d’un lymphome, explique-t-elle, des ganglions enflés, douloureux ou pas. Généralement, les ganglions sont enflés au niveau du cou, des aisselles, mais ils peuvent aussi enfler sur d’autres parties du corps. Ainsi, au niveau de l’aine, ils peuvent provoquer des sensations de jambes lourdes et faire enfler les chevilles, alors qu’au niveau de l’abdomen ils peuvent provoquer une gêne abdominale, des maux de dos ou des ballonnements.

Les signes d’un lymphome extra-ganglionnaire varient selon la partie du corps où se développe la tumeur. Ainsi, un lymphome présent dans l’estomac peut provoquer des symptômes semblables à ceux d’un ulcère, tels que des douleurs et des saignements internes. D’autres signes peuvent cacher un lymphome : des frissons, une fièvre, des sueurs profuses nocturnes, une perte de poids inexpliquée ou une baisse d’énergie.

Tout médecin, avertit le Pr Quessar, doit savoir rechercher systématiquement un signe précurseur du lymphome, par exemple la présence de ganglions enflés sous le menton, sur le cou, au niveau des amygdales, au-dessus des épaules, au niveau des coudes, sous les aisselles et à l’aine. Il doit examiner les autres parties du corps afin de déceler tout gonflement ou liquide dans la poitrine ou l’abdomen pouvant être provoqués par des ganglions lymphatiques enflés, palper l’abdomen pour voir si certains organes internes ont grossi, et s’inquiéter des paralysies provoquées par des ganglions enflés exerçant une pression sur des nerfs ou sur la moelle épinière.

Si le lymphome est un cancer guérissable, rappelle le Pr Quessar, son traitement est coûteux. Pour un enfant, il dure en moyenne quatre mois, et coûte 60 000 à 80 000 DH. Le Pr Saïd Benchekroun, chef du service d’hématologie de l’Hôpital du 20 Août, considère que la prise en charge totale du traitement du lymphome est une priorité et que les organismes d’assurance maladie doivent prévoir des mécanismes pour améliorer les taux et les délais de remboursement.