Pollution aux médicaments : tous les pays sont touchés

A travers le monde, les stations d’épuration n’ont pas la capacité d’éliminer totalement les médicaments. Lors du traitement des eaux usées, il peut même se produire une transformation en métabolites actifs. Résultat : de nombreuses substances médicamenteuses se retrouvent dans la nature.

Aucun lieu de la planète n’est épargné par cette pollution. Des résidus de médicaments ont ainsi été détectés dans tous les pays d’Europe, en Amérique du Nord ou encore au Brésil. En fait, leur présence a été rapportée partout où ils ont été recherchés, relève l’Académie française de pharmacie qui, inquiète de ce problème, vient de créer un groupe de travail sur le thème «Médicaments et environnement». Au Maroc, aucune étude n’a été réalisée dans ce sens.

Selon une étude, les concentrations mesurées vont, selon les composés, les stations et les saisons, de quelques nanogrammes par litre à quelques dizaines de microgrammes par litre pour les eaux de rivière ou les eaux marines. Les médicaments les plus souvent retrouvés sont les antibiotiques, les anticancéreux, les bêta-bloquants, les antidépresseurs, les antiépileptiques, les hypolipémiants et les hormones naturelles et de synthèse. Mais d’où proviennent ces molécules décelées dans l’eau ? Des effluents domestiques (produits éliminés dans les urines et les matières fécales), des rejets hospitaliers, des industries, des centres d’élevage, mais aussi des médicaments périmés jetés dans les ordures ménagères.

Si les risques sur l’environnement sont prouvés, la toxicité de ces résidus de médicaments pour l’homme est encore méconnue.