Plusieurs erreurs dans les traitements pédiatriques

Une étude anglaise indique que les médecins font 13,2% d’erreurs dans leurs prescriptions et 19,1% des médicaments sont administrés de façon incorrecte par le personnel soignant aux enfants.

Dose erronée, préparation incorrecte, injection intraveineuse au lieu d’une prise par voie orale… Plusieurs médecins généralistes, pédiatres et infirmiers, reconnaissent que, faute de médicaments spécifiquement adaptés aux enfants, il y a de nombreuses erreurs enregistrées dans la délivrance des traitements destinés aux enfants.

Au Maroc, plusieurs voix s’élèvent pour endiguer cette défiance. Et devant l’absence de statistiques marocaines, on rapporte les résultats d’une étude anglaise qui indique que les médecins font 13,2% d’erreurs dans leurs prescriptions et 19,1% des médicaments sont administrés de façon incorrecte par le personnel soignant. Ces chiffres sont rapportés par le Dr Ian Wong (de l’Université College of London), publiés récemment dans la revue «Archives of Diseases in Childhood».

Un autre travail, français celui-là, indique que les pédiatres hospitaliers doivent encore souvent «bricoler» des produits destinés aux adultes pour soigner leurs petits malades. Car beaucoup de produits n’ont pas de présentations et de dosages adaptés aux enfants et aux nourrissons. Le travail d’Ian Wong qui a porté sur une dizaine de services de pédiatrie de cinq hôpitaux londoniens, a relevé 391 erreurs sur un total de 2 955 prescriptions. Dans 41% des cas, il s’agissait d’une ordonnance incomplète où la dose ou la voie d’administration du médicament n’était, par exemple, pas spécifiée. Plus d’une fois sur dix, la dose prescrite était incorrecte. De même, sur 2 250 administrations de médicaments, plus de 400 problèmes ont été détectés : préparations incorrectes de produits injectables, vitesse ou horaire d’injections inappropriées ou doses fantaisistes. Pour prévenir les accidents, de plus en plus d’hôpitaux mettent en place des systèmes de surveillance des prescriptions et d’autocontrôle des pratiques, tel le dispositif informatisé (Osiris) qui a été créé pour que le personnel signale, éventuellement de façon anonyme, tous les événements indésirables rencontrés. Le Centre national de pharmacovigilance au Maroc dispose-t-il d’un tel outil ?