Oncologie pédiatrique : il faut résorber le déficit en médecins et régionaliser la prise en charge

Un grand nombre d’enfants meurent des suites d’un cancer car leurs parents n’ont pas les moyens de les faire venir aux CHU de Rabat ou de Casa pour suivre le protocole thérapeutique
Pourtant 60% des cancers de l’enfant peuvent être guéris.

Aujourd’hui, on peut traiter complètement un cancer lymphatique chez l’enfant en trois mois et une leucémie aiguë en trois ans, grâce à des traitements quotidiens et hebdomadaires. Cela, pour un coût qui varie entre 50 000 et 200 000 DH, pris en charge par les hôpitaux, le ministère de la santé avec le soutien d’ONG et, à leur tête, l’Association Lalla Salma de lutte contre le cancer, indique le Dr Mohammed Khattab, professeur d’hématologie et d’oncologie pédiatrique à la Faculté de médecine de Rabat, à l’occasion de la première journée nationale de lutte contre le cancer, célébrée, dorénavant, le 22 novembre de chaque année.

Il ajoute que les enfants atteints de cancers sont si peu nombreux (1% des cas, contre 99% pour les adultes), qu’ils méritent de bénéficier d’un traitement de qualité. Il attire par ailleurs l’attention sur le déficit en médecins oncologues (10 pour tout le Maroc) et en infirmiers spécialisés dont la charge de travail est 4 fois supérieure à celle de l’infirmier en Europe.

Le Pr Khattab, par ailleurs chef du service d’hématologie et d’oncologie pédiatrique du Centre hospitalier Ibn Sina (CHIS) de Rabat, appelle à la mise en place d’une stratégie pour la régionalisation de la prise en charge des cancers de l’enfant, à l’instar de la multiplication des centres d’oncologie pour adultes.

Car il est inadmissible qu’un enfant atteint de cancer et qui se fait administrer sa chimiothérapie à Oujda, doive venir jusqu’à Rabat pour suivre sa radiothérapie. Il indique que, grâce aux médicaments existants, notamment les génériques, on guérit complètement 60% des cancers de l’enfant. Mais cela, à condition de suivre rigoureusement les protocoles thérapeutiques.

Malheureusement, déplore-t-il, un grand nombre d’enfants atteints de cancers meurent parce que leurs parents n’ont pas les moyens de les faire venir aux CHU de Rabat ou de Casablanca. D’où la nécessité de centres régionaux de prise en charge des cancers de l’enfant.