Obe-Maghreb: un projet maghrébin pour lutter contre l’obésité

Des études menées au Maroc et en Tunisie pour comprendre le phénomène.
Le projet durera trois ans et bénéficiera d’un financement du gouvernement
français.

Plus d’une femme sur trois au Maroc et une femme sur deux en Tunisie souffrent de surpoids. Cela est lié à  une transition nutritionnelle, dominée par une occidentalisation du mode alimentaire associé à  une sédentarité et un manque d’activité physique. Ajoutez à  cela la malnutrition de type carentiel, dont la coexistence avec l’obésité et les maladies chroniques se traduit par une situation de double charge nutritionnelle au sein des mêmes familles et parfois des mêmes personnes. Ces situations sont inédites et jusqu’ici très peu étudiées. Par ailleurs, les mesures éducatives peuvent s’avérer inefficaces dans nos sociétés o๠les normes culturelles ne reconnaissent pas l’obésité comme problème de santé. C’est pourquoi plusieurs Universités et Instituts de recherche du Maghreb et de l’Europe ont décidé de joindre leurs efforts pour étudier ces problèmes. Ainsi, un consortium s’est constitué et a proposé un projet de recherche intitulé : «Comprendre la transition nutritionnelle au Maghreb pour contribuer à  la prévention de l’obésité et des maladies non transmissibles associées (Obe-Maghreb)». Le projet, lancé fin 2007 à  Rabat et qui s’étalera sur trois ans, a été sélectionné pour bénéficier du financement du programme CORUS 2 (Coopération pour la recherche universitaire et scientifique) du ministère français des affaires étrangères. Des études complémentaires vont être réalisées au niveau familial et individuel dans les régions du Grand Casablanca et du Grand Tunis sur les options d’action de prévention de l’obésité, précise le Dr Abdellatif Bour, coordinateur sud du projet CORUS, de l’Université Ibn Tofaà¯l de Kénitra. De son côté, le Dr Francis Delpeuch, coordinateur nord du projet CORUS, indique que plusieurs autres partenaires prennent part à  ces travaux. Les objectifs du projet validés par une trentaine de chercheurs appartenant à  toutes les équipes impliquées, visent, d’une part, le développement de stratégies de prévention de l’obésité et des maladies chroniques adaptées au contexte de transition nutritionnelle, et, d’autre part, la détermination de la nature et l’ampleur de la double charge au niveau familial. Il faut rappeler que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a attiré l’attention sur le fait que l’obésité était le premier problème de santé publique non reconnu dans le monde, bien que le nombre d’adultes obèses dépassait déjà  celui de personnes souffrant de sous-alimentation. Le surpoids et l’obésité sont à  l’origine d’un nombre impressionnant de maladies chroniques, diabète, maladies cardiovasculaires, hypertension, problèmes psychologiques, et même certains types de cancers.