Nouveaux critères d’évaluation des performances des CHU au Maroc

Le ministère de la santé va exiger des CHU, en plus des indicateurs quantitatifs,
la présentation d’indicateurs qualitatifs de performance.

Une première en matière de management hospitalier au Maroc. Le ministère de la santé veut harmoniser la présentation des bilans annuels de performance des Centres hospitaliers universitaires et exiger en plus des indicateurs quantitatifs tels le nombre de consultations, d’actes de chirurgie et de laboratoires, la présentation d’indicateurs qualitatifs de performance. C’est ainsi que les CHU Ibn Rochd de Casablanca et celui d’Ibn Sina de Rabat, dont les conseils d’administration auront lieu respectivement les 27 janvier et 5 février, sont dans l’obligation de respecter un canevas de présentation proposé par le ministère de la santé. Le contenu de leurs bilans d’activités annuels doit mettre en exergue les principales missions des CHU, en l’occurrence les activités hospitalières, qui doivent donner des informations précises sur le nombre des admissions, les services rendus en clinique de jour sans avoir recours à l’hospitalisation ainsi que les activités de réanimation, de prise en charge des brûlés et de l’accueil en consultation psychiatrique. Le canevas présenté par l’autorité de tutelle des CHU vise les activités de diagnostics et de soins tertiaires, qui sont très coûteux et qui nécessitent une expertise médicale de haut niveau, tels les examens d’imagerie par résonance magnétique, les activités de chirurgie lourde ou exigeant une prise en charge hyper spécialisée, comme la chirurgie cardiaque ou la greffe d’organes, etc. Par ailleurs, les nouvelles orientations du ministère de la santé pour évaluer les missions de formation, d’encadrement professionnel, de recherche et d’innovations dans les établissements hospitaliers, qui occupent le sommet de la pyramide des soins du pays, sont très explicites. Les CHU doivent présenter de façon précise le nombre d’étudiants en médecine et de résidents en stage, celui des paramédicaux (infirmiers et techniciens), qu’ils relèvent de l’Institut public de formation aux carrières de santé ou du secteur libéral ainsi que le nombre de stagiaires des autres pays. En matière de recherche et d’innovations, les CHU sont tenus de présenter les publications et les communications scientifiques et surtout les nouvelles techniques d’explorations ou de soins nouvellement acquises ou développées. Enfin, le bilan d’activité annuel des CHU doit montrer, chiffres à l’appui, leur degré d’implication dans le soutien des programmes prioritaires de santé publique, tels le programme de lutte contre la tuberculose, le sida, la cécité ou le kyste hydatique. Les autres grands axes de performance que doivent respecter les CHU concernent la dynamique de management engagée par leurs services administratifs respectifs. Cela comprend les montants et les structures des différentes recettes, le recouvrement des créances, la subvention de l’Etat ainsi que la capacité d’autofinancement. Lors de leurs  prochains conseils d’administration, les CHU doivent donner une image fidèle de leurs dépenses en termes d’exécution des crédits, la part des dépenses médicales, l’approvisionnement en médicaments et surtout présenter la charge des dépenses des activités d’externalisation. La coopération internationale, le partenariat avec les collectivités locales et les relations avec les syndicats doivent faire dorénavant partie des bilans de performance des CHU du pays.