Mortalité périnatale, problème de santé publique

Au Maroc, on compte un décès périnatal pour 14 naissances.

La mortalité périnatale constitue une préoccupation de santé publique, a déclaré le professeur Naima Lamdouar Bouazzaoui, présidente du XIIe Congrès national de néonatologie, qui se tient à  Rabat les 26, 27 et 28 octobre. Pour la responsable du Centre national de référence en néonatologie et en nutrition au Maroc, la mortalité périnatale, qui représente la somme de la mortinatalité (MN) – enfants mort-nés – et de la mortalité néonatale précoce (MNNP) – enfants qui décèdent juste après la naissance -, est estimée au Maroc à  un décès pour 14 naissances.

Menée pour la première fois au Maroc, cette étude résulte d’enquêtes simultanées menées à  travers vingt provinces et préfectures médicales réparties sur tout le territoire et s’étendant sur 136 762 naissances. Les statistiques exposées révèlent un taux global moyen de mortinatalité évalué à  57 pour 100 000 naissances, variant de 24,2 à  Casablanca à  100,5 à  Settat.

Le développement de l’infrastructure sanitaire dans les villes de Casablanca, Marrakech, Rabat et Agadir, favorisées par un meilleur niveau socio-économique de la population, explique l’existence des taux les plus bas dans ces centres. Pour les raisons inverses, les taux les plus élevés sont enregistrés au niveau de Settat, Tétouan, Larache, Tiznit…

Ce travail scientifique a permis d’analyser les causes et les facteurs de risque de la mortalité périnatale, qui sont d’origine maternelle, fÅ“tale, ou liées à  la grossesse et à  l’accouchement.
Le terrain maternel est en lui même un facteur favorisant. Il s’agit de l’âge de la mère (plus de 35 ans et moins de 20 ans), de la multiparité, d’un espacement insuffisant des grossesses et de conditions socio-économiques défavorables. Un autre facteur favorisant majeur est la non-surveillance de la grossesse, remarquée auprès des deux tiers des femmes gestantes touchées par la mortalité périnatale. Cette même étude montre la prédominance de l’insuffisance pondérale à  la naissance avec 30,28%, et des accidents survenus à  l’accouchement avec 24,63%. Les grossesses multiples et les malformations foetales interviennent dans une proportion non négligeable dans cette mortalité.

Les causes précitées, ajoutées aux facteurs favorisants, guident vers la prévention par la surveillance et le contrôle des grossesses et de l’accouchement. Cette prévention doit débuter avant la conception par un examen prénuptial permettant le dépistage des maladies éventuelles des parents, la détermination du groupe sanguin et du rhésus. Pendant la grossesse, un rythme convenable de consultations prénatales s’impose. Pendant l’accouchement, une surveillance médicale adéquate en vue de prévenir et de surmonter toute situation à  risque sont nécessaires. Enfin, à  la naissance, la prise en charge immédiate du nouveau-né en difficulté est indispensable.