Mort subite : c’est souvent le cÅ“ur qui est en cause

La mort subite survient moins d’une heure après le début des premiers symptômes ou l’aggravation des symptômes préexistants

Les sports présentant un risque maximal sont le football, la course à  pied, le tennis, le squash et le basket.

Que de fois, devant nos écrans de télé, n’a-t-on pas assisté à  l’effondrement brutal d’un footballeur, foudroyé par un arrêt cardiaque dans la force de l’âge. «Il s’agit là  d’un cas de mort subite d’un sportif sur le terrain, qui relève d’une pathologie bien spécifique», affirme le Dr Boujemaa Zahi, spécialiste en médecine du sport et médecin de l’équipe nationale de football du Maroc qui participe à  la CAN 2008. L’OMS la qualifie de mort naturelle, rapide, survenant moins d’une heure après le début des premiers symptômes ou l’aggravation de symptômes préexistants. En fait, la mort est soudaine et inopinée, et l’intervalle de temps séparant les premiers signes et la mort n’excède pas quelques minutes, généralement chez un sujet en bonne santé en apparence et en pleine activité physique. Elle concerne aussi bien les «vrais sportifs» que les sportifs occasionnels.
En France, par exemple, on recense 0,52 à  1/10 000 cas par an, soit 1000 à  1200 décès. Les hommes (93%) sont plus concernés que les femmes (7%). La mort subite est exceptionnelle avant 25 ans. Les sports présentant un risque maximal dans ce sens sont le football, la course à  pied, le tennis, le squash et le basket, indique le Dr Oussama Boughaleb, président de l’Association marocaine de médecine du sport (AMMS). L’incidence de cet accident sportif est fonction du niveau d’entraà®nement, plus forte chez le sujet habituellement sédentaire, et très faible chez le sportif de haut niveau.

Les causes de la mort subite du sportif peuvent être d’origine cardiaque, telles une hypertrophie du muscle cardiaque, des troubles du rythme cardiaque, la naissance anormale d’une artère nourricière du cÅ“ur, l’obstruction brutale d’un vaisseau du cÅ“ur (infarctus) … Cette mort subite du sportif peut être secondaire à  la rupture d’un anévrisme aortique. 30 à  60% des morts subites sont précédées de douleur à  l’effort, d’essoufflement, de palpitations, de vision floue. Ainsi, la prévention de la mort subite du sportif passe par la détection des sportifs à  risque, fondée sur une visite médicale annuelle et le suivi médical des sportifs de pratique intensive, précise le Dr Amine Dorhmi. Par ailleurs, il faut toujours être vigilant en matière de recherche des facteurs de risque que sont le tabagisme, l’hypercholestérolémie, le diabète ou une hypertension artérielle ignorés. Diminuer la fréquence de la mort subite du sportif nécessite une diffusion large de recommandations élémentaires aux pratiquants par le biais des médecins de famille, des médecins de club mais aussi des dirigeants, des entraà®neurs et des cadres, indique le Dr Zahi. Par ailleurs, il faut procéder à  la mise en place des procédures d’urgence et de ressuscitation lors des manifestations sportives. Par ailleurs, pour juguler le risque, il faut respecter certaines règles de base. En l’occurrence l’abstention de toute activité physique en cas d’infection, de fièvre ou de fatigue anormale. Prendre des précautions en cas d’atmosphère trop chaude ou trop froide, trop sèche ou trop humide. Etre prudent aussi lors d’efforts en haute altitude et assurer un début et une fin d’efforts progressifs.