Mobilisation de l’Europe contre la contrefaçon des médicaments

Elle représentait, en 2007, 10% du chiffre d’affaires du secteur.
Produits mis en cause : ceux concernant le cancer, les maladies cardiaques, infectieuses ou mentales.

L’acquisition de médicaments par la voie de l’Internet représente la principale source de médicaments contrefaits. Il faut sensibiliser les patients et les autorités à l’intérêt qu’il y a à acheter leurs médicaments exclusivement dans la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique organisée et reconnue, à savoir les officines.

C’est une des principales recommandations de la 20e session de l’EFPIA (European Federation oh Pharmaceutical Industries and Associations), qui s’est tenue à Paris le 19 juin. L’interdiction de tout reconditionnement des médicaments, l’adoption d’un système d’identification des médicaments harmonisé dans toute l’Union européenne, le renforcement des sanctions pour trafic de produits contrefaits et la responsabilisation de tous les acteurs impliqués dans la chaîne de distribution, y compris les grossistes et les pharmacies, telles sont les autres principales recommandations de cette rencontre européenne sur la sécurité médicamenteuse.

4 milliards d’unités contrefaites saisies en 2007
Pour Jean François Dehecq, vice-président de l’EFPIA et président de Sanofi-Aventis, «il est urgent que l’Europe joue un rôle moteur dans la lutte contre ces activités criminelles que sont la contrefaçon des médicaments». Et d’ajouter que les réseaux organisés de contrefaçon des médicaments, qui opèrent à l’échelle internationale et jouent avec des vies humaines au nom du profit, doivent être démantelés par des actions implacables, des poursuites systématiques et des sanctions (civiles et pénales) appropriées.

Les sanctions actuellement prévues dans les Etats membres de l’UE ne suffisent plus. Il faut des instruments administratifs et logistiques dotés de moyens et ressources nécessaires pour garantir l’application effective et le respect de la loi. Il faut préciser que les statistiques de l’UE, publiées le 19 mai 2008, révèlent qu’un total de 4 milliards d’unités de produits médicaux ont été saisies aux frontières douanières de l’UE, en 2007, ce qui représente plus de 43 milliards d’euros, soit 10% du chiffre d’affaire annuel de l’industrie pharmaceutique européenne.

Et on constate que les médicaments contrefaits contenaient soit des substances toxiques, soit aucun principe actif, soit sont sous dosés. Les contrefaçons ciblent de plus en plus les médicaments qui permettent de sauver des vies, notamment les médicaments contre le cancer, les maladies cardiaques, mentales et infectieuses.

Sur un autre registre, Arthur J. Higgins, président de l’EFPIA et directeur général de Bayer Health Care, a rappelé que le développement d’un nouveau produit nécessite de 10 à 12 ans et les coûts de la recherche et développement cliniques augmentent régulièrement, afin de pouvoir intégrer les apports des biotechnologies, pour atteindre près d’un milliard d’euros, pour chaque nouvelle entité chimique ou biologique.