Médecine scolaire et dépistage précoce de la scoliose

UNE PATHOLOGIE COURANTE QUI TOUCHE ENFANT ET ADULTE

Le dépistage scolaire de la scoliose (déformation de la colonne vertébrale en S), par le médecin généraliste, voire par les patients, est extrêmement important, indique le Pr Abdelhamid Miri, traumato-orthopédiste pédiatre à Rabat. Ce dépistage, indique cet ancien professeur à la faculté de médecine de Rabat, est parfaitement conduit dans les écoles de la Mission française, ce qui a permis de prendre en charge de façon précoce des scolioses en phase initiale. Il est regrettable que ce ne soit pas le cas dans les écoles marocaines, malgré l’existence d’un département de la médecine scolaire. Pourtant, la pathologie n’est pas rare, précise le Pr Miri. «En consultation dans le seul secteur libéral, je vois 4 à 5 cas de scoliose par semaine», ajoute-t-il. D’ailleurs, rapporte-t-il, une étude conduite sur 10 ans, à l’hôpital universitaire des enfants de Rabat, a montré que 700 enfants atteints de scoliose ont bénéficié de traitement à l’aide d’appareillage. Outre la surveillance, le traitement est l’abord orthopédique avec le moulage d’un corset arrêtant l’évolution de la scoliose, que l’enfant devra porter jusqu’à la fin de sa croissance. La surveillance doit être draconienne, en phase pré-pubertaire et pubertaire, jusqu’à la maturation osseuse, car il y a risque de paralysie par atteinte de la moelle épinière, alerte le Dr Salah Berrada, professeur de traumatologie-orthopédie à la faculté de médecine de Rabat et président de la société africaine de la même spécialité, qui tiendra son congrès à Dakar, en novembre 2009. Le traitement chirurgical intervient plus tard dans quelques cas précis, lors de déformations qui empêchent de mener une vie quotidienne normale. L’objectif est de réduire la déformation par la pose d’un matériel implantable, parfois associée à une greffe osseuse.

L’intervention chirurgicale immobilise le malade de 6 à 12 mois
Chez l’adulte, la scoliose peut être la continuité de celle de l’enfant, ou apparaître en association avec l’arthrose. Les patients se plaignent de douleurs et d’une sensation d’effondrement du dos avec apparition d’une gibbosité. Les indications thérapeutiques dépendant alors de l’importance de la déformation, mesurée radiologiquement, de son évolutivité et d’un éventuel retentissement neurologique. La prise en charge est pluridisciplinaire, anti-inflammatoires, corset et chirurgie sont décidés de concert par les membres de l’équipe formée du médecin rééducateur, des kinésithérapeutes, du chirurgien et avec l’aide informative d’anciens patients. L’intervention chirurgicale, souvent lourde, immobilise le malade 6 à 12 mois et impose une analyse et une information bénéfices / risques particulièrement rigoureuse.