Maladies rhumatismales : bien que chroniques, elles ne sont pas remboursables comme ALD

La viscosupplémentation, traitement efficace contre l’arthrose, donne de bonnes rémissions
Il n’est pourtant pas pris en charge par l’Amo, pas plus que les infiltrations
Un congrès traitera de ces questions et d’autres le 22 novembre.

La viscosupplémentation est un outil important dans l’arsenal thérapeutique moderne de l’arthrose, mais elle n’est pas prise en charge par l’assurance maladie obligatoire (Amo).

A ce jour, plusieurs affections comme l’arthrose et l’ostéoporose, ne sont pas considérées comme des affections de longue durée (ALD) et ne sont donc pas prises en charge en tant que telles par la Cnops ou la CNSS, déplore le Pr Rachid Bahiri, professeur de rhumatologie à la faculté de médecine de Rabat et secrétaire général de la Société marocaine de rhumatologie, qui tient le 22 novembre à Agadir, son XVIIIe congrès national.

La viscosupplémentation est une technique thérapeutique consistant à remplacer le liquide synovial déficient en injectant dans l’articulation un gel, l’acide hyaluronique, possédant les mêmes qualités que le liquide normal.

On atténue ou on enraye ainsi la douleur. Par ailleurs, on réduit la raideur et on contribue à restaurer la mobilité de l’articulation afin de retrouver des mouvements moins douloureux. Mais si la technique est efficace sur les symptômes, elle ne guérit pas l’arthrose. L’inconvénient de cette thérapeutique, qui nécessite trois injections à une semaine d’intervalle, est son coût, qui varie entre 1 500 et 2 500 DH non remboursables.

Les infiltrations, comme recours thérapeutique pour certaines pathologies articulaires dégénératives, inflammatoires ou microscristallines (goutte), et qui constitueront également un volet important des travaux du congrès d’Agadir, sont des techniques d’appoint bien codifiées, qui nécessitent un savoir-faire, essentiellement en terme de repérage par la palpation ou par l’échographie. Ce geste thérapeutique, valorisé dans la nomenclature des actes dans tous les pays développés, ne l’est pas du tout au Maroc, regrette le Pr Bahiri.

Notons que, lors de cette rencontre nationale de rhumatologie, une conférence très attendue, celle que donnera le Pr Najat Hajjaj, doyenne de la faculté de médecine de Rabat, et qui portera sur la prédominance, dans les pays en voie de développement, de formes sévères de spondylarthrite ankylosante, liée à la récurrence d’infections microbiennes digestives.

Sur un autre sujet, lors des dix dernières années, une dizaine de produits ont été mis sur le marché marocain pour le traitement de l’ostéoporose, qui ont montré leur efficacité. Cependant, il n’y a aucun consensus quant à la durée de traitement ou sur les associations thérapeutiques possibles.

La rencontre d’Agadir va essayer d’avancer sur cette problématique, avec le concours d’experts nationaux et internationaux.