L’ordinateur, un assistant chirurgical pour la pose de la prothèse du genou

En calculant la position relative des différents éléments osseux, l’ordinateur permet, entre autres, une pose plus précise de la prothèse et une récupération plus rapide.

Dorénavant, le chirurgien traumato-orthopédique marocain peut compter sur la collaboration d’un précieux et précis assistant chirurgical : l’ordinateur. C’est ainsi que le service de traumatologie orthopédie de l’hôpital Ibn Sina a pu réaliser, dans la semaine du 16 avril, la pose de la première prothèse du genou assistée par ordinateur.

Pour le Pr Moradh Yacoubi, chef du service de traumatologie orthopédie de l’hôpital Ibn Sina, dont l’expérience de la pose de prothèses totales du genou remonte à 1999, la chirurgie par navigation ou chirurgie assistée par ordinateur est une véritable révolution dans la biotechnologie médicale. Cet outil informatique va indiquer des mesures très précises pour la pose de la prothèse. Ce principe de navigation, explique le professeur Yacoubi, est basé sur une modélisation en trois dimensions de l’articulation sur un écran d’ordinateur.

Lors de l’intervention pour la pose de la prothèse du genou, le chirurgien procède à la fixation de repères osseux, qui seront enregistrés par une caméra reliée à un ordinateur. Grâce à ces repères et à leurs déplacements dans l’espace, l’ordinateur va calculer la position relative des différents éléments osseux, comme les condyles fémoraux, les plateaux tibiaux, les centres de la hanche et de la cheville, précise le Pr Yacoubi.

L’ordinateur propose un modèle tridimensionnel de l’articulation du genou et des axes du membre inférieur. Guidé par ce modèle, le chirurgien va alors pouvoir réaliser les coupes osseuses nécessaires et positionner la prothèse articulaire, avec une précision de l’ordre de 10°.

Ainsi, la chirurgie traumato-orthopédique assistée par ordinateur présente plusieurs avantages : l’incision ou plaie opératoire est réduite au strict minimum, un positionnement parfait de la prothèse assure une bonne stabilité du genou et surtout la récupération est plus facile lors de la rééducation. Par ailleurs, l’usure est très réduite, assurant ainsi une longévité plus grande des prothèses. Cependant, une question reste posée : comment développer une véritable coordination entre les services formateurs des CHU, le ministère de la santé, les facultés de médecine ainsi que les différents partenaires, pour former suffisamment de traumatologues orthopédistes ?

Il est par ailleurs indispensable d’actualiser la nomenclature des actes chirurgicaux remboursables dans le cadre de l’Amo, par l’intégration de toutes les innovations qui ont une plus-value médicale, économique et sociale.