L’intérêt de la technique mini-invasive d’exérèse des adénomes hypophysaires

Grà¢ce à  une technique chirurgicale mini-invasive par endoscopie, moins traumatisante et sans ouverture du crà¢ne, la neurochirurgie moderne permet d’extraire plus facilement certaines tumeurs bénignes du cerveau.

La pratique chirurgicale a connu une révolution au cours de la dernière décennie qui a vu l’application de techniques chirurgicales mini-invasives à une large gamme d’interventions. Ainsi, depuis quelque temps, il existe une nouvelle approche mini-invasive pour extraire les adénomes hypophysaires, qui représentent 10% des tumeurs bénignes du cerceau, rapporte le Dr Aziz Aghzadi, neurochirurgien à Rabat. Cette technique consiste à utiliser les voies naturelles que sont les narines. Le toit de ces dernières correspond à la base du crâne. Pour l’adénome hypophysaire, situé à cet emplacement, il n’est donc plus nécessaire d’ouvrir la boîte crânienne, à l’exception des adénomes géants, dépassant 3 à 4 cm. Un speculum nasal (sonde métallique) est introduit à travers les narines, permettant d’aller jusqu’à la base du crâne où se situe l’hypophyse et d’atteindre ainsi la tumeur à extraire. Grâce au microscope opératoire relié à une caméra, la zone opératoire est mieux visualisée. La caméra transpose le champ opératoire sur un écran, ce qui permet de suivre l’intégralité de l’intervention.
Notons qu’aujourd’hui, le dernier progrès de la technique numérique à haute définition permet de visualiser, encore plus précisément, toutes les structures de taille réduite. Cette nouvelle technique neurochirurgicale a été adoptée par quelques neurochirurgiens marocains dès 2003. Comparée aux techniques classiques, nécessitant l’ouverture du crâne, les résultats montrent qu’elle permet une meilleure qualité de l’exérèse chirurgicale effectuée sur les tumeurs difficiles d’accès.
En résumé, indique le Dr Aziz Aghzadi, les principaux avantages de la chirurgie mi-ni-invasive des tumeurs bénignes du cerveau sont une ablation plus efficace des tumeurs mal placées, une intervention moins lourde, une hospitalisation plus courte, moins de douleurs post-opératoires et une récupération plus rapide. Il faut signaler que, pour ce genre d’opérations, les organismes de l’assurance maladie affectent un montant global qui varie entre 20 000 DH et 30 000 DH.
Le Dr Aghzadi insiste par ailleurs sur un point essentiel, lié aux signes d’appel qui doivent attirer l’attention sur la présence éventuelle d’un adénome hypophysaire. Ce sont essentiellement des troubles du champ visuel et une baisse de l’acuité visuelle associée à des vomissements. Il peut s’agir également de signes liés à l’hypertension intracrânienne, avec des céphalées. Et, étant donné que l’hypophyse est une glande, ce sont des signes spécifiques endocriniens qui doivent évoquer un adénome hypophysaire. Ainsi, et en fonction du type d’hormone secrétée, différents signes peuvent apparaître. Une aménorrhée ou une galactorrhée chez la femme. Une impuissance sexuelle ou une gynécomastie, voire une chute des poils axillaire et du pubis chez l’homme.
En définitive, les dangers de l’augmentation de la taille d’un adénome hypophysaire, ce sont des troubles de la vue liés à la compression du nerf optique, mais aussi des troubles endocriniens, notamment un arrêt de croissance chez l’enfant. D’ou l’intérêt d’un diagnostic précoce.