Les règles de prescription d’un lait infantile

Cinq principales considérations doivent être prises par les prescripteurs de lait.

Toute prescription de lait maternel doit respecter l’à¢ge et l’état physiologique de l’enfant et l’éventualité d’un effet préventif recherché.

D’après le Pr Amina Barkat, du Centre national de référence en néonatalogie et en nutrition infantile, relevant du Centre hospitalier Ibn Sina de Rabat, pour prescrire un lait infantile, le médecin se réfère aux recommandations des experts en nutrition, aux allégations des industriels et à son expérience personnelle. L’ensemble de ces avis sont souvent convergents, mais, en cas de controverse, un dilemme peut se poser. L’allaitement maternel doit être privilégié. Pour le nouveau-né à terme sain, lorsque la mère ne peut pas, ne veut pas ou ne peut plus allaiter, il est admis que doivent être proposées les préparations pour nourrissons de la naissance jusqu’à l’âge de 6 mois. Les préparations de suite ne doivent être utilisées qu’après cet âge, lorsque la diversification alimentaire est entamée. Quant aux laits de croissance, ils sont à envisager entre 1 et 3 ans. Les préparations pour nourrissons et les préparations de suite aujourd’hui commercialisées sont toutes de qualité. Mais aucune ne peut, à ce jour, prétendre une supériorité nutritionnelle, en particulier en référence au lait maternel. Elles ne sont cependant pas identiques, notamment les formules les plus récentes qui se caractérisent par des innovations qui peuvent avoir des effets physiologiques bénéfiques pour certains enfants. Néanmoins, la multiplication de l’offre impose l’intérêt d’une prescription rationnelle qui ne devrait être envisagée qu’en fonction d’une «diététique basée sur les preuves». Cinq principales considérations doivent être prises en compte par les prescripteurs de lait. Les préparations pour nourrissons correspondent à des périodes d’âge déterminées.  Aucune préparation ne peut prétendre à ce jour à une supériorité nutritionnelle démontrée. La nature de la source protéique est à considérer, l’état physiologique de l’enfant ou d’un effet préventif recherché doivent être pris en compte et, enfin, il faut insister sur l’intérêt des laits de croissance. Le Pr Barkat a recommandé, lors d’un séminaire tenu le 23 avril dernier à Rabat, la nécessité d’établir une bonne anamnèse de  l’histoire de l’enfant depuis sa naissance, un examen clinique complet et une synthèse de la dynamique de croissance avant toute prescription de lait, qui doit être adaptée à la situation de chaque enfant. Elle a par ailleurs  rappelé que les laits de croissance sont  d’un apport capital pour la prévention de l’anémie par carence en fer, véritable problème de santé publique au Maroc.