Les recommandations des endocrinologues marocains sur le «pied diabétique»

Une journée scientifique sur cette problématique s’est tenue à  Rabat le 14 novembre pour sensibiliser le personnel médical sur cette complication.

Malgré l’alerte lancée par l’OMS sur la prévention des plaies du pied chez les diabétiques, les données actuelles ne sont pas pour rassurer.
Pour sensibiliser le personnel de santé sur cette complication redoutable, qui peut conduire à l’amputation, l’unité de formation et de recherche d’endocrinologie-diabétologie de la faculté de médecine ainsi que le service spécialisé du CHU de Rabat, ont organisé, le week-end dernier, une journée scientifique sur la problématique du pied diabétique, qui coïncide avec la journée mondiale du diabète (14 novembre).

Ce volet est mal connu des patients et des soignants, bien qu’il représente un problème de santé majeur. 3 à 10 % des patients diabétiques souffriront d’un problème de pied, 1 sur 15 sera amputé et plus de la moitié de ces amputations auraient pu être évitées par un traitement précoce et adéquat.

Notons que 70% de ces amputations auront lieu chez des patients souffrant d’une ulcération suite à un traumatisme (port de chaussures inadéquates, corps étranger, mycose cutanée ou unguéale) ou d’un ulcère chronique qui s’infecte, entraînant une gangrène.

On appelle «pied diabétique» cet ensemble de complications liées à la neuropathie (atteinte neurologique), les troubles morpho-statiques et l’artériopathie (atteinte artérielle) du pied.

Cependant, insiste le Pr Abdelmjid Chraïbi, chef de service à l’hôpital Ibn Sina, toutes ces complications peuvent être évitées en équilibrant soigneusement le diabète, en éliminant les facteurs de risque d’atteinte neurologique (éthylisme) et d’atteinte artérielle (tabagisme, hyperlipémie) et en prenant des mesures préventives.

Essentiellement, la pratique de la marche pour améliorer la circulation du sang, le port de chaussures, bas et chaussettes adéquats, en faisant attention à ne pas se blesser, un lavage quotidien des pieds au savon doux et un séchage soigneux. Surtout, éviter les bains de pieds qui favorisent la macération des plaies.

Il faut également s’astreindre à la pratique d’un auto-examen des pieds, quotidiennement, pour déceler au plus vite les petites lésions qui pourraient ne pas être ressenties à cause de la neuropathie, et les traiter (plaies, durillons, athlete’s foot, fissures, crevasses, hyperkératose).

De même, veiller à l’utilisation de désinfectants sans colorants. Corriger autant que possible les points d’hyperpression par le port de semelles sur mesure et en matériaux doux et adéquats. Les recommandations des endocrinologues marocains rejoignent celles de l’American Diabetes Association.