Les médecins généralistes se retrouvent face à  une dégradation de leurs conditions sociales

En l’espace de trois décennies, le médecin généraliste a vu son statut s’effondrer sous la déferlante des spécialités, pour se retrouver relégué au rang d’acteur de second plan d’un système de santé qui n’en finit pas de se chercher. C’est en ces termes que le Dr Rachid Choukri, président du Syndicat national de médecine générale (SNMG), a introduit le bilan d’activité d’un an d’existence de ce syndicat, lors d’une réunion, qui s’est tenue jeudi 19 février au siège de l’ordre national des médecins.  Aujourd’hui, le médecin généraliste «navigue à vue», tant les difficultés de l’exercice de la profession sont nombreuses. Par ailleurs, l’investissement du champ d’action de la médecine générale, au mépris de toutes les lois, par de nombreux intervenants, entre autres les pharmaciens, les médecins spécialistes, les paramédicaux, les charlatans, a entraîné une dévalorisation des actes de  la médecine générale.
Cette situation a eu pour conséquences, précise le Dr Choukri, la baisse des revenus des médecins généralistes et la dégradation de leurs conditions sociales, source de démotivation et de comportements désespérés, un désintérêt grandissant de la part des jeunes médecins pour la profession et une cascade de fermetures des cabinets. Et d’ajouter qu’avec l’avènement de l’assurance maladie obligatoire (Amo) et la mise en place de l’agence nationale de l’assurance maladie (Anam), comme régulateur du système de soins, les médecins généralistes avaient  l’espoir que les décideurs allaient enfin se pencher sérieusement sur le volet économique du système de santé et que le secteur allait être  réorganisé.
Le président du SNMG précise que les remboursements des actes de médecine générale sont dérisoires, voire insultants à tous les points de vue. Pour toutes ces raisons, rappelle-t-il, le Syndicat national de médecine générale (SNMG) a été créé. Son premier objectif est la défense et la promotion des intérêts matériels et moraux des médecins généralistes libéraux du Maroc, sous tous les rapports et dans tous les domaines ayant trait à la profession. Et d’ajouter que «parmi les  principales revendications figurent  la défense de la place du médecin généraliste dans le système national de soins, la revalorisation des actes de médecine générale reconnus, l’accès du médecin généraliste à une formation médicale continue adaptée et gratuite et le droit à une couverture médicale et à une retraite».
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