Les difficultés de prise en charge chirurgicale d’une amputation de guerre

Les blessés et les amputés de guerre nécessitent des prises en charge thérapeutiques spécifiques, multidisciplinaires et très couteuses.

Le ministre palestinien de la santé, le Dr Fethi Abou Maghli, a affirmé que 10% des blessés palestiniens sont devenus handicapés. Selon les affirmations de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), 300 Palestiniens de Gaza ont dû être amputés à cause des agressions israéliennes. L’Organisation «Handicap international» a de son côté rapporté que 50% des patients palestiniens souffraient de «blessures graves telles les fractures, les amputations, les brûlures de troisième degré et les traumatismes crâniens qui requièrent une rééducation outre des handicaps irréversibles». Un témoignage réaliste du Dr Steven G. Scott, médecin américain, ayant suivi la guerre en Irak, indique qu’un blessé de guerre est généralement polytraumatisé, souffrant «de blessures à la tête, de perte de la vue et de l’ouïe, de lésions nerveuses, de multiples fractures, de blessures corporelles non cicatrisées, d’infections et de problèmes émotionnels et comportementaux. Certains ont les membres sectionnés ou la colonne vertébrale brisée». Et d’ajouter : «Reprendre le dessus pour quelqu’un qui a perdu un membre, c’est déjà un sacré combat pour pouvoir vivre dans la dignité, mais que dire de quelqu’un qui a perdu trois membres et qui souffre en plus d’autres plaies, de fractures, de blessures à la tête, à la colonne vertébrale et de paralysie ?». Nombre de ces blessures graves ont été constatées par Dr Tarfay Abdelkader, chirurgien marocain, qui a fait un séjour à Gaza lors de l’agression israélienne. Les blessés de guerre nécessitent donc un suivi à vie et par plusieurs spécialistes. Lors d’une amputation, l’infirmière guette les signes vitaux, administre des analgésiques et surtout surveille le membre résiduel. L’ergothérapeute aide les personnes qui ont des limitations physiques, mentales ou sociales en les entraînant à accomplir des tâches fonctionnelles qui relèvent d’activités quotidiennes, professionnelles ou récréatives. Le chirurgien orthopédiste est celui qui effectue l’amputation chirurgicale et toutes les interventions de révision du moignon résiduel, en cas de besoin. Le spécialiste de la médecine physique et de la réadaptation traite le corps entier en évaluant les aspects physiques, mentaux et fonctionnels des besoins en réadaptation du patient. A mesure que le temps passe après l’amputation, c’est le physiatre qui prend en charge le patient et évalue ses besoins en physiothérapie et en ergothérapie. A partir de cette évaluation, il conçoit, fabrique et ajuste les prothèses sur-mesure. Le prothésiste fera partie de la vie d’un amputé, car ce dernier aura régulièrement besoin de réparations, d’ajustements ou de nouvelles prothèses. Par ailleurs, le fait de perdre un membre affecte la personne dans tous les aspects de sa vie, et le psychologue doit être là pour l’aider à s’ajuster émotionnellement et psychologiquement. Un autre professionnel doit intervenir dans la prise en charge multidisciplinaire d’un amputé, notamment de guerre, le travailleur social, qui va s’occuper des différents problèmes sociaux vécus. Enfin, le conseiller en réadaptation professionnelle évalue les capacités et les antécédents professionnels de la personne amputée, pour une éventuelle réaffectation professionnelle.