Les défis de la santé oculaire au Maroc

Cataracte, glaucome, complications oculaires du diabète, cécité chez l’enfant et traumatismes oculaires sont les grands défis de la santé oculaire à  l’horizon 2020 au Maroc.

Le Maroc a pu éradiquer le trachome, maladie oculaire grave, qui sévissait à  l’état endémique dans cinq provinces du Royaume : Errachidia, Figuig, Ouarzazate, Tata et Zagora. Cependant, il reste confronté aux autres causes de cécité et de malvoyance que sont la cataracte, le glaucome, les complications oculaires du diabète, la cécité chez l’enfant et les traumatismes oculaires. Un seul chiffre pour illustrer cette problématique : 25 000 interventions pour la cataracte sont réalisées chaque année dans les structures publiques et privées, sachant qu’il y a 30 000 nouveaux cas chaque année et 400 000 personnes en instance de subir une chirurgie. Lutter contre ces pathologies est un des grands défis à  relever, qui s’inscrit dans le programme mondial de l’OMS visant à  éradiquer la cécité évitable d’ici l’an 2020.

Selon le Pr Amina Berraho, professeur d’ophtalmologie à  la faculté de médecine de Rabat, le système sanitaire oculaire au Maroc repose sur la mise en place très précoce d’un programme national de lutte contre la cécité dans le système national de la santé. Par ailleurs, l’action intersectorielle avec les autres départements gouvernementaux est un facteur déterminant. L’éradication du trachome a nécessité l’implication des ministères de l’éducation nationale, de l’équipement via l’Office national de l’eau potable, et de l’intérieur. Des ONG nationales et internationales (OMS, Unicef, ITI, Fondation Hassan II d’ophtalmologie, Croissant rouge marocain et Hellen Keller International) sont également impliquées.

Le Pr Berraho, relève que la mauvaise répartition des professionnels de santé spécialisés est un des points faibles du système. Ainsi, sur 500 ophtalmologistes au total, 340 exercent dans le secteur privé et 160 dans le secteur public. Le ratio «ophtalmologiste par habitant» est de 1/68 000 avec une répartition très inégale dans les différentes provinces :

1/16 000 à  Rabat et région contre 1/464 500 pour Taroudant.
L’autre défaillance est liée à  la formation des professionnels de santé spécialisés en ophtalmologie (ophtalmologistes, opticiens, orthoptistes et infirmiers spécialisés) qui n’est pas en adéquation avec les besoins. Une des solutions serait d’établir un cursus obligatoire de stage en ophtalmologie pour le futur médecin généraliste, appelé à  jouer un rôle primordial dans les soins primaires.