Les crampes, souvent bénignes, peuvent parfois révéler une maladie neuromusculaire

Les crampes bénignes, localisées, ont des causes diverses (fatigue, activité sportive, froid…).

Les plus préoccupantes sont diffuses et associées à un déficit, une atrophie musculaire, des symptômes évolutifs.

La crampe est un symptôme banal, le plus souvent sans signification pathologique. Cependant, les crampes peuvent révéler une affection neuromusculaire grave ou une souffrance de la fibre musculaire, en particulier lorsqu’elles sont diffuses et associées à d’autres signes, indique le Pr. Mohamed Salah Berrada, traumato-orthopédiste à l’hôpital Ibn Sina. C’est pourquoi, ajoute-t-il, ce symptôme nécessite une stratégie diagnostique rigoureuse, essentiellement fondée sur la clinique et quelques examens complémentaires simples.

La crampe est une contracture douloureuse affectant un muscle en entier ou en partie et durant quelques secondes à quelques minutes. Les crampes localisées et isolées, les plus fréquentes, ne sont pas pathologiques. Elles intéressent surtout le mollet et cèdent à l’étirement musculaire. Elles surviennent souvent la nuit et peuvent être déclenchées par des événements divers tels que la grossesse, la fatigue, l’activité sportive (en particulier la natation), la déshydratation avec perte de sel, le froid ou encore des positions imposant un raccourcissement musculaire. Certaines substances toxiques comme le venin de serpents et d’insectes, les médicaments modifiant l’équilibre entre le sodium et le potassium (comme les laxatifs, les diurétiques ou les corticoïdes) et les dialyses rénales peuvent également déclencher des crampes. Si aucune de ces situations ne peut expliquer les crampes d’un patient, il peut s’agir d’une affection endocrinienne.

Les formes les plus préoccupantes sont les crampes diffuses s’associant à un déficit, à une atrophie ou à des symptômes évolutifs. Il faut alors penser à des maladies neuromusculaires telles la sclérose latérale amyotrophique.