Les CHU du Maroc peaufinent leurs plans stratégiques d’ici 2020

Un des grands axes de la réforme hospitalière : la mise en place de pôles d’activités avec une autonomie de gestion.
Chaque pôle avec un budget, un personnel et un plan d’action de pôle sur la base d’une gestion contractuelle.

Cela fera bientôt deux ans que la commission stratégique de réforme des CHU du Royaume se réunit de façon régulière. Elle regroupe des représentants des CHU, des facultés de médecine et de pharmacie, du ministère de la santé, des finances et de la privatisation. Voici en exclusivité les grands axes de cette réforme hospitalière. Cela remonte à 2008, lors de la mise en place par Yasmina Baddou, ministre de la santé, d’une commission stratégique de réforme des CHU, parmi les 18 autres commissions. La nécessité de cette réforme part du fait qu’aujourd’hui les CHU ont une organisation obsolète basée sur une gestion dissociée entre l’administratif et le médical.

Les différents travaux ont abouti à des plans stratégiques 2010-2020, basés sur la réforme de la gouvernance, la planification et la régulation de l’offre tertiaire de soins et la mise aux normes d’assurance qualité. Pour la réforme de la gouvernance, on table en premier sur la reformulation de la mission des CHU, dont l’activité sera axée sur les soins de recours et de référence, la formation médicale, paramédicale, technique, la promotion des programmes prioritaires de santé publique et l’innovation.

Pour la réforme du financement des hôpitaux, il faut certes compter sur la subvention de l’Etat, exiger une véritable subvention pour l’enseignement et la recherche mais surtout les CHU doivent développer des méthodes pour assurer un autofinancement, tout en intégrant les apports non négligeables de l’Amo et du RAMED. Mais la véritable révolution de cette réforme est l’adoption du système de pôles d’activités avec une autogestion par budget de pôle, un personnel de pôle, un plan d’action de pôle sur la base d’une  gestion contractuelle. Cette réforme de gouvernance prévoit également des conseils de vigilance sanitaires, un comité d’éthique, un conseil des médecins, pharmaciens et dentistes, un conseil des soins infirmiers, une commission hospitalo-universitaire et le comité de sécurité. Pour accompagner cette restructuration, tout projet de service hospitalier doit être une émanation du pôle d’activités et le contrat pédagogique de tout service hospitalier doit être lié à la politique de la faculté de médecine par le biais de ses unités de formation et de recherche (UFR) ou ses départements. Sur le volet de la planification et de la régulation de l’offre tertiaire de soins, cette réforme a opté pour la normalisation de l’offre tertiaire de soins comme complément aux soins des niveaux primaires et secondaires offerts par les hôpitaux publics selon la carte sanitaire du ministère de tutelle. De telle sorte que les établissements publics hospitaliers universalités (EPHU), nouvelle appellation des CHU dans cette réforme, travailleront essentiellement pour l’extension des activités de soins de niveau tertiaire, en commun accord avec le département de l’enseignement supérieur. Quant à la gestion des ressources financières, la réforme prévoit la programmation budgétaire pluriannuelle axée sur les résultats et le développement de la contractualisation interne et externe.