Les bénéfices non contraceptifs ignorés de la contraception orale

La contraception orale améliore le cycle menstruel, réduit le risque des cancers de l’ovaire et de l’endomètre, améliore les symptômes liés à  l’acné et peut prévenir l’ostéoporose post-ménopausique.

«L’usage de la contraception orale (pilule) réduit le volume des menstruations, améliore la régularité des cycles menstruels et diminue l’intensité des douleurs des règles. Ce sont quelques effets bénéfiques non contraceptifs de la contraception orale ignorés par un grand nombre de médecins praticiens». C’est ce que vient de rappeler dans une récente étude le Pr Houssine Boufettal, gynécologue obstétricien au Centre hospitalier universitaire Ibn Rochd de Casablanca. Il précise qu’une réduction du volume des menstruations a été constatée chez 60 à 80% des utilisatrices de la pilule. Et cette réduction est de 40 à 50% en comparaison avec le volume des menstruations avant le début de la contraception orale.

Par ailleurs, le risque d’anémie ferriprive est moins important. Sur un autre volet, le Pr Boufettal annonce que la contraception orale diminue l’incidence des cancers de l’endomètre et de l’ovaire. Il donne comme illustration une étude internationale qui a porté sur 1 million de femmes et qui a montré que la contraception orale a permis une réduction globale du risque de cancer de l’ovaire de 46% par rapport aux femmes n’ayant jamais utilisé de pilule.

Et cette protection apparaît après 8 ans d’utilisation et persiste 15 ans après l’arrêt de la pilule. Le Pr Bouffetal étaye ces données scientifiques par des chiffres. La contraception orale préviendrait 13% des cancers de l’ovaire chez la femme de moins de 75 ans et éviterait donc plus de 100 000 décès par cancer ovarien en 50 ans.

Il en est de même pour le cancer de l’endomètre dont le risque est réduit de 42% chez les utilisatrices de la pilule. De même pour certaines formes de kystes et d’adénomes de l’endomètre, dont le risque est nettement diminué grâce à la contraception orale. Sur le chapitre des infections gynécologiques, le Pr Boufettal s’appuie sur l’étude internationale «Panser», pour montrer que l’utilisation de la pilule pendant 12 mois diminue le risque d’hospitalisation pour infection de 60% et cela quel que soit le dosage de la pilule. Sur le plan dermatologique, parmi les mécanismes impliqués dans l’acné, on trouve la stimulation de la production de sébum par les androgènes secrétés par les ovaires. La contraception orale supprime cette activité ovarienne diminuant de la sorte l’acné. Par contre, en rhumatologie, si aucune étude n’a réellement montré que la pilule aide à protéger les femmes contre les fractures osseuses, il n’en demeure pas moins que plusieurs données suggèrent un effet préventif contre l’ostéoporose post-ménopausique. D’ailleurs, chez la sportive en aménorrhée (absence de menstruations), la pilule assure une bonne prévention du risque ostéoporotique.

Enfin, le travail du Pr Bouffetal montre que la contraception orale a également des bénéfices en cancérologie non gynécologique du fait que le risque de cancer colorectal est réduit de 60% chez les femmes sous pilule par rapport à celui des non-utilisatrices.