Les avancées en matière d’ORL passées en revue au congrès de la Siforl, à  Marrakech

Audioprothèse numérique, implantation cochléenne, laser pour le traitement des cancers laryngés, des techniques qui ont révolutionné l’ORL.
Etat des lieux.

L’audioprothèse a été révolutionnée par le passage de l’analogique au numérique, indiquait le Pr Abdelhamid Benghalem, à l’issue du XIe congrès de la Société internationale francophone d’ORL (Siforl), organisé en novembre dernier à Marrakech. Cependant, l’espoir de l’ORL marocaine, depuis 8 ans, est l’implantation cochléaire, en pleine évolution avec des équipes à Casa et Rabat. Cette technique a permis de prendre en charge des surdités profondes chez des enfants de moins de 6 ans voués à être sourds-muets. Et les résultats seront meilleurs si l’implantation est réalisée précocement. Aujourd’hui, près de 16 enfants sont implantés par des équipes marocaines, et certains peuvent suivre une scolarité normale. L’implant cochléaire est aussi indiqué dans les surdités de perception bilatérales profondes et secondaires quel que soit l’âge avec des résultats encore plus probants. Il y a aussi les prothèses à ancrage osseux, qui sont proposées dans les surdités profondes unilatérales. Le principal obstacle à ces nouveautés reste leur coût, surtout pour les non-assurés, les démunis et même pour les assurés car le remboursement n’est pas total, déplore le Pr. Benghalem.
Autre avancée : le laser, d’un grand apport dans la chirurgie endolaryngée, pour les pathologies bénignes et inflammatoires (polypes, nodules, papillomes, sténoses, granulomes), mais surtout pour les cancers laryngés de stade 1 et 2. Elle permet des guérisons totales avec un recul de plus de 10 ans. L’epistaxis (saignement du nez) est qualifié par le Pr Benghalem, d’urgence complexe et vitale. En effet, il peut s’agir d’une simple tache vasculaire dont le traitement est banal ou d’une urgence mortelle s’il s’agit d’un saignement d’une artère.
Le traitement chirurgical est bien codifié. Le XIe congrès de la Siforl a mis l’accent sur les mesures à prendre lors d’une amygdalectomie, et ce dès le diagnostic, afin que seules les bonnes indications soient retenues (angines à répétition de plus de trois à quatre fois par an, obstruction pharyngée et risque de rhumatisme articulaire aigu). Par ailleurs, le bilan préopératoire est capital à la recherche de troubles de l’hémostase. Il est aussi essentiel, insiste le Pr Benghalem, de s’entourer de bonnes équipes, d’anesthésistes qui vont sécuriser les voies aériennes inférieures, et paramédicale.
Il insiste par ailleurs auprès des parents pour qu’ils surveillent un éventuel saignement, qui peut survenir très tardivement, jusqu’à 20 jours après l’acte opératoire.