Le premier centre des enfants brûlés ouvrira ses portes en mars prochain

Bientôt la technique de la duplication ou culture de la peau au Maroc pour le traitement des grands brûlés. Cela consiste à  couvrir, en deux à  trois semaines, 15% de la surface brûlée à  partir d’un centimètre carré de peau.

L’Hôpital des enfants de Rabat a organisé mercredi 17 février les premières journées portes ouvertes pour la sensibilisation à la problématique des brûlures graves chez l’enfant. Le Pr Fouzia Benabdellah, chef du service des enfants brûlés, considère qu’«au Maroc 85% des brûlures sont d’origine domestique dont les principaux agents sont le gaz butane et les électrocutions. Et les enfants sont les plus exposés, particulièrement dans les bidonvilles où l’espace est très exigu et par conséquent l’enfant se trouve toujours à proximité du feu». Pour ce professeur de chirurgie des brûlures et chirurgie plastique appliquées à l’enfant à la Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, «grâce aux progrès et aux techniques médicales acquises, les enfants ne meurent plus de brûlures, mais malheureusement cela n’est possible que dans des centres spécialisés et équipés». Par ailleurs, précise le Pr Benabdellah, «l’enfant a ses particularités, car on peut classer un malade dans la catégorie des grands brûlés, quand la surface brûlée dépasse 20%, alors que pour un nourrisson dès que la surface brûlée dépasse 5% on parle d’un grand brûlé et donc d’une situation plus critique». Et d’ajouter que «le traitement des brûlés demande beaucoup de moyens financiers et beaucoup de patience de la part de l’enfant brûlé,  de sa famille et surtout de l’équipe soignante». L’innovation en 2010 pour le service des brûlés de l’Hôpital des enfants de Rabat est qu’il sera transformé en un centre plus grand et disposera de technologies respectant les normes internationales, en termes de climatisation, de flux laminaire et d’air stérilisé. «Si aujourd’hui le service des brûlés des enfants comprend quatre spécialistes en chirurgie infantile, deux infirmiers, deux kinésithérapeutes et deux psychologues, au cours de l’année 2010, des infirmiers et des kinésithérapeutes vont suivre, dans le CHU de Lyon, une formation spécifique dans le domaine de la culture cellulaire ou duplication de la peau», annonce la même source. C’est auprès des spécialistes lyonnais, qui ont une grande expertise en matière de prise en charge et de réparation des grands brûlés, que va se faire également la formation des biologistes et des chirurgiens marocains sur la technique de duplication de la peau, afin de la proposer comme recours thérapeutique. «Il faut savoir que cette formation nécessitera 100000 euros et que l’achat du matériel environ 150 000 euros, qui seront assurés par l’Association France-Maroc, avec laquelle le CHU Ibn Sina de Rabat est en partenariat depuis 2000», tient à préciser le Pr Benabdellah. Il est à souligner que la technique de la duplication des cellules de la peau consiste à couvrir, en deux à trois semaines, 15% de la surface brûlée à partir d’un centimètre carré de peau. Cette technique de duplication cellulaire exige un matériel spécifique composé d’un four, d’une hotte, d’un microscope inversé, d’un congélateur ainsi que d’un incubateur. D’un autre côté, le nouveau centre des brûlés a nécessité une enveloppe budgétaire de 20 millions de DH, dont la moitié sera réservée au seul traitement de l’air, condition indispensable de stérilisation pour un centre de prise en charge des brûlés. «Pour que ce centre soit parfaitement fonctionnel courant 2010, afin de prendre en charge des enfants marocains victimes de brûlures, il est indispensable de conjuguer les efforts entre le ministère de tutelle, des ONG, des bénévoles et des donateurs», conclut le Pr Benabdellah.