Le "médecin répondeur" du Centre antipoison du Maroc

Que ce soit pour les professionnels de la santé ou pour le public, des informations concernant toute intoxication sont disponibles 24h/24 et 7j/7 sur les numéros suivants : 0 801 000 180 et 05 37 68 64 64.

Un intoxiqué, un toxique, des symptômes, à l’hôpital, dans un cabinet médical ou à domicile : autant de situations qui peuvent créer une panique chez le patient ou son entourage et parfois une confusion chez le professionnel de santé. Le médecin répondeur du Centre antipoison du Maroc, spécialisé en pharmacologie-toxicologie, est disponible par téléphone  24h/24 et 7j/7 sur les numéros 0801 000 180 et 05 37686464. Le médecin répondeur est sollicité principalement pour aider au diagnostic et à la prise en charge des cas d’intoxications. Mais il peut également être sollicité pour des cas d’effets indésirables des produits de santé, pour des demandes de renseignements ou de documentation concernant les analyses de laboratoire, précise le Pr Rachida Soulaymani, directrice du Centre antipoison du Maroc. Le médecin répondeur du Centre antipoison du Maroc a des compétences en toxicologie, notamment la symptomatologie et les protocoles thérapeutiques spécifiques à chaque intoxication. Il maîtrise l’épidémiologie des intoxications au Maroc et par régions et les antidotes disponibles. Le médecin répondeur reçoit régulièrement une formation pour améliorer ses compétences techniques et relationnelles, afin d’être capable de recueillir rapidement l’information concernant l’interlocuteur, le patient, l’état clinique, l’agent causal et le type d’exposition. Il est capable de faire une première recherche rapide et suffisante pour donner les premiers conseils. Il est par ailleurs capable d’estimer la sévérité de l’exposition et d’interpréter les données du laboratoire. Il est en outre tenu de communiquer, en cas de besoin, les informations par écrit aux personnels de santé, aux autorités sanitaires, aux médias et au public, tout en respectant le secret professionnel. Et il est important de signaler que le processus de réponse à tout demandeur obéit à 6 étapes incontournables. 1e étape : la collecte des données sur le demandeur (professionnels de la santé ou public), l’intoxiqué (âge, poids et sexe), le toxique (médicaments, produits domestiques ou industriels), la quantité (dose ingérée et durée d’exposition), le délai (temps écoulé depuis le contact avec le toxique jusqu’à l’heure d’appel), le lieu de l’intoxication (plantes et habitudes spécifiques à une région et les moyens disponibles), les circonstances (volontaire, accidentelle ou erreur thérapeutique) et enfin les signes cliniques qui permettent d’évaluer le pronostic. La 2e étape consiste pour le médecin répondeur à identifier le toxique et à établir une classification de l’état clinique du patient selon les indices de gravité définis par le Poising Severity Score, Grade 0 (absence de signes), Grade 1 ou mineur, Grade 2 ou modéré, Grade 3 ou sévère et Grade 4 ou fatal. La 3e étape consiste à prendre une décision sur la conduite à tenir et la transmettre aussitôt au demandeur, tout en l’adaptant selon qu’il  s’agisse d’un médecin, d’autre professionnel de la santé ou du public. La 4e étape est  une phase importante dans le processus de toute information toxicologique (IT). Ainsi, quel que soit le demandeur et quelle que soit la sévérité, le médecin répondeur est dans l’obligation de le rappeler une ou plusieurs fois pour avoir des renseignements sur l’évolution de l’intoxiqué. 5e étape : tous les renseignements collectés sont saisis dans la base de données «Intox Data Management». Enfin, l’étape 6 vise à  s’assurer de la qualité et de l’homogénéité de la réponse d’un médecin répondeur, par la tenue d’un staff hebdomadaire qui réunit les représentants du laboratoire, de la pharmacovigilance et des responsables de la documentation , pour discuter des cas les plus marquants, notamment des discordances possibles entre toxique incriminé, symptomatologie et résultats de laboratoire. Enfin, il faut rappeler la tenue  à Fès, du 11 au 13 novembre prochaine, du IIIe Congrès international de toxicologie.