Le diabète triple le risque de développer une insuffisance rénale

1 million de Marocains sont porteurs d’une maladie rénale chronique.
1500 à 2 000 nouveaux patients par an nécessitent une dialyse alors que le parc national de dialyse, entre public et privé, ne compte que 120 centres.

Au Maroc, le nombre des malades sous dialyse en raison d’une insuffisance rénale terminale est estimé à 6 000 par an. A ce jour, le palmarès des greffés rénaux est médiocre, il ne dépasse pas les 200. Avec ce chiffre, le Maroc reste le dernier de la classe dans le monde arabe, dépassé par l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte, l’Arabie Saoudite ou la Jordanie où les transplantés se comptent par milliers.

Pourtant, le Maroc a été pionnier dans ce domaine en réalisant la première greffe rénale arabe en 1986. Ainsi, le parc actuel de la dialyse aussi bien rénale que péritonéale, qui, entre public et privé, compte 120 centres, est-il incapable de prendre en charge les 1 500 à 2 000 nouveaux patients qui arrivent chaque année au stade d’insuffisance rénale terminale (IRT), et dont la survie dépend d’une thérapie de suppléance (dialyse ou greffe). Ces données alarmantes ont été présentées par des responsables du ministère de la santé, des spécialistes relevant aussi bien de la Société marocaine de néphrologie (SMN) que de l’Association marocaine des néphrologues privés du Maroc, à l’occasion de la journée mondiale du rein, célébrée chaque année le deuxième jeudi du mois de mars (13 mars 2008).

Le Pr Mohammed Benghanem Gharbi, président de la SMN, estime qu’environ 1 million d’adultes marocains sont porteurs d’une maladie rénale chronique (MRC), dont un pourcentage risque, à moyen ou à long terme, d’évoluer, en l’absence de dépistage et de prise en charge, vers le stade terminal de l’insuffisance rénale, donc qui exige impérativement un traitement par dialyse ou par transplantation rénale. Le professeur de néphrologie qualifie la situation d’inquiétante du fait de la transition épidémiologique, démographique et nutritionnelle qui fait qu’on assiste à une augmentation des maladies dégénératives, tels le diabète et l’hypertension artérielle, qui sont les deux principaux pourvoyeurs d’IRT et donc de mise sous dialyse.

Concernant les maladies du rein, il est prévu que le coût global cumulé des dialyses et transplantations dans le monde dépasse 1 000 milliards de dollars dans la prochaine décennie. Ce fardeau économique va constituer une rude épreuve pour les budgets de santé dans les pays développés. Alors que, pour les pays à faible revenu, il sera impossible de répondre à ces coûts.

Selon le Pr Younes Ramadani, néphrologue au CHU Ibn Rochd de Casablanca, la journée mondiale du rein recommande que tous les pays mettent en place des programmes ciblés de dépistage pour détecter la MRC parmi les groupes à haut risque, principalement les personnes atteintes de diabète, d’hypertension artérielle, d’obésité ou ayant dans l’histoire familiale des membres ayant souffert de ces maladies.

Ce profil de personnes, grâce à la vigilance, des médecins généralistes notamment, doit bénéficier de contrôles médicaux simples de leurs reins, sur de petits échantillons de sang et d’urine. Grâce à des tests sanguins et urinaires coûtant quelques dizaines de dirhams, on peut échapper à une maladie rénale chronique, dont la prise en charge des millions de dirhams.