Le chardon à  glu, une plante toxique dangereuse pour la santé

Les médecins ne connaissent pas suffisamment les premiers signes de l’intoxication
au chardon à  glu.
40 000 cas d’intoxication ont été notifiés en 2006.

En2006, 40 000 cas d’intoxication ont été notifiés au Centre antipoison Maroc (CAPM), déclare sa directrice, le Pr Rachida Soulaymani Bencheikh. Piqûres de scorpion, monoxyde de carbone, médicaments, certains aliments et plantes sont les principales causes de ces intoxications. Dans le monde rural marocain, l’intoxication au chardon à  glu (voir photo) ou addad en arabe est une intoxication très fréquente. Ses premières manifestations ne sont pas très connues des médecins, ce qui cause souvent des retards de prise en charge, parfois très préjudiciables au malade.

Pour le Dr Souad Skalli, responsable de l’unité de phytovigilance au CAPM, la fréquence de l’intoxication par le chardon à  glu est liée au fait que c’est une plante de l’environnement rural et que, de ce fait, elle est facilement accessible tout au long de l’année, particulièrement aux enfants. Ces derniers consomment sa racine sucrée qu’ils confondent avec la garnina, chardon d’Espagne, et avec l’artichaut sauvage, kouk lakhla. Cette confusion est à  l’origine d’intoxications accidentelles fréquentes, collectives et parfois mortelles chez les enfants en zone rurale. D’ailleurs, en 2006, le CAPM a reçu, via le numéro économique 0 810 00 180, une intoxication collective par addad. Il s’agissait d’une intoxication de 12 enfants, âgés de 6 à  15 ans, tous originaires de la région de Khémisset. Cette intoxication a causé 3 décès.

Plusieurs éléments essentiels à  retenir dans l’intoxication par le chardon à  glu. Il faut tout d’abord que la population rurale soit sensibilisée au danger. Les enfants doivent connaà®tre cette plante en tant que végétal toxique. Au niveau des professionnels de la santé, il faut retenir que l’installation du tableau clinique, troubles digestifs, neurologiques, hématologiques, respiratoires, cardiovasculaires et hépatorénaux, survient longtemps après l’ingestion de addad. Le malade entre dans un coma métabolique conduisant au décès. Cela impose donc de garder sous surveillance, pendant au moins 48 heures, tout sujet suspect d’intoxication par addad, seule condition pour sauver sa vie. En cas d’intoxication par addad, le grand public et les professionnels de la santé doivent contacter le Centre antipoison Maroc, qui a réalisé de nombreux travaux concernant cette intoxication dont il a une grande expérience et ce, en appelant le 0 810 00 180 qui est un numéro économique. Une vie est peut-être au bout du fil.