L’asthme et le sport sont compatibles

Respect de certaines règles d’hygiène et utilisation appropriée des médicaments, les clés pour la pratique d’un sport de haut niveau par un asthmatique.

L’asthme d’effort, grâce à des mesures préventives efficaces, est compatible avec la pratique du sport de haut niveau, à condition de respecter la liste des produis autorisés. C’est la principale conclusion du travail intitulé «Asthme d’effort et sport», présenté par le Pr Mohammed Elbiaze, du service des maladies respiratoires du CHU Hassan II de Fès, lors du XVIe congrès national de la Société marocaine d’allergologie et d’immunologie clinique, qui s’est déroulé à Rabat du 14 au 16 novembre. Ce spécialiste rappelle que l’asthme induit par l’exercice (AIE) est la survenue d’un épisode d’asthme suite à un effort physique, généralement 5 à 10 minutes après l’arrêt de l’activité physique. Ce pneumologue tient par ailleurs à insister sur le fait que l’asthme n’est pas un handicap.
En effet, il y a eu plusieurs athlètes de haut hiveau asthmatiques tels Mark Spitz (9 médailles d’or aux JO de 1968 et 1972, Jackie Joyner-Kersee (3 médailles d’or aux JO, 1 d’argent et 1 de bronze, record du monde), Bill Koch (Coupe du monde de ski de randonnée) et Dawn Frase (triple championne olympique de natation). Cependant, prévient-il, l’asthme peut constituer un danger. Aux USA, entre 1993 et 2000, 61 décès sont survenus suite à un AIE, dont 75 % concernaient des personnes âgées de 10 à 20 ans. On évalue l’incidence à 0,23 décès/million de sportifs/an. Les sports qui semblent faire courir le plus de risque de décès liés à l’AIE sont le basketball 21%, l’athlétisme 12%, la gymnastique 10% et le football américain 8%. Pour le Pr Elbiaze, plusieurs facteurs influent sur la survenue et la gravité de l’AIE, notamment l’atopie, l’exposition à l’air froid et sec, l’humidité, l’effort intense et prolongé, la température saisonnière, les irritants bronchiques (produits chlorés dans les piscines) et la pollution atmosphérique. Le travail présenté insiste sur le fait qu’il y a des règles communes de prévention, médicamenteuse ou non, de prise en charge de l’AIE. Mais, le plus important, ce sont les précautions à prendre avant la pratique du sport chez l’asthmatique, à savoir un échauffement séquentiel, une adaptation à l’environnement et une bonne utilisation de la période réfractaire. Le travail du Dr Elbiaze précise les conditions atmosphériques à éviter, que sont la haute altitude, les intérieurs poussiéreux, les ambiances atmosphériques froides et les sèches, les jours de vent et de brouillard et surtout la pollution atmosphérique (automobile…). Il rappelle que tout patient doit avoir en permanence avec lui le traitement anti-asthmatique de la crise qu’est le broncho-dilatateur de courte durée d’action.

La plongée sous-marine avec bouteilles ou en scaphandre est interdite
Ainsi, pour le Pr Elbiaze, les asthmatiques peuvent pratiquer la quasi-totalité des sports, mais certains sont à éviter, tels les sports d’endurance ou violents (foot, basket…). Cependant, certains sont interdits, tels la plongée sous-marine avec bouteilles ou en scaphandre et les sports en solitaire.
Enfin, le principal traitement à long terme de l’asthme d’effort est l’amélioration globale de l’aptitude physique, par un entraînement régulier qui permet de faire reculer le seuil d’apparition de l’asthme et diminuer la dyspnée d’effort. A cause de l’augmentation des cas de dopage, le Comité olympique international exige, pour la prise des médicaments anti-asthmatiques, de déposer un certificat médical avant l’épreuve. Et parmi les médicaments anti-asthmatiques autorisés avec notification préalable, on a les Beta 2 mimétiques les corticoïdes locaux. D’autres sont autorisés sans notification préalable : ce sont les corticoïdes inhalés, les antileucotriènes, les cromones et les anticholinergiques.