Lancement au Maroc de la campagne anti-hépatite «Suis-je le numéro 12 ?»

Environ 300 000 Marocains sont atteints d’hépatite n Le coût du traitement varie entre 72 000 et 144 000 DH par malade. Les organismes payeurs ne couvrent que 70% des frais, les 30% restants sont à la charge du malade.

500 millions de personnes à travers le monde sont aujourd’hui infectées par l’hépatite B ou C. Autrement dit, une personne sur douze vit avec l’hépatite B ou C.

C’est ce qui a incité la communauté internationale, à la veille de la journée mondiale de l’hépatite, célébrée le 19 mai, à lancer une campagne mondiale intitulée : «Suis-je le numéro 12 ?».

Cette campagne s’avère d’une urgence capitale car, s’alarment les spécialistes, la majorité des gens infectés ignorent l’être. Au Maroc, cette initiative est portée par SOS Hépatite Maroc en collaboration avec l’Alliance mondiale de l’hépatite ainsi que des associations de patients. La campagne a démarré dans 55 pays.

Le Maroc s’y prépare. Principale motivation : la progression sournoise de cette infection qui touche entre 1,7 et 2% de la population marocaine, soit 200 000 à 300 000 personnes, comme le précise le Pr Driss Jamil, président de SOS Hépatite Maroc et de la Fédération maghrébine des hépatites. Il ajoute que la prise en charge thérapeutique des hépatites est très coûteuse : 12 000 DH par mois et par malade, pour une période variant entre 6 et 12 mois. En outre, les organismes payeurs (Cnops et CNSS) ne remboursent que 70% des frais, les 30% restants étant à la charge des patients. Des frais très lourds à supporter pour un ménage marocain.

A l’occasion de la journée mondiale de l’hépatite du 19 mai, Charles Gore, président de l’Alliance mondiale de l’hépatite, a déclaré que 15 millions de personnes par an meurent à cause de cette affection.

Il explique que la campagne «Suis-je le numéro 12 ?» vise à donner à l’hépatite le même profil que le VIH/sida, le paludisme ou la tuberculose et à la faire classer à côté de ces maladies dans les objectifs du millénaire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il faut rappeler que l’hépatite C, transmise par voie sanguine, peut être à l’origine d’un cancer du foie.

Le professeur Jamil, pour sa part, attire l’attention des professionnels de santé sur la sensibilisation du grand public quant au respect de certaines règles d’hygiène, notamment en évitant l’utilisation de la même seringue chez plusieurs personnes, la mauvaise stérilisation du matériel d’endoscopie ou de chirurgie .